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 Le jeu de l'ange

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Alexiel
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Sam 4 Fév - 0:04

Chapitre six : la fin d’un cauchemar ?


Retour au présent, retour à l’horreur. Dans l’esprit de Mat, une seule question tourbillonnait, l’obsédait depuis qu’elle resongeait à cette après midi de cauchemar. Une question évidente, mais dont la réponse pouvait déclancher une catastrophe.
« Elise… Elle n’est pas venue aujourd’hui, alors qu’elle m’avait dit qu’elle viendrait… Que… »
Camille, Kane, Pauline, Maurin et Julien étaient pris entre deux feux. Céline était toujours en bas de l’escalier et Alexander en haut. Tous attendaient une réponse de Scar, qui ne vint pas. Mat se raidit. Elle lutta contre les larmes qui menaçaient de l’envahir, les dents serrées. Puis la tristesse et le désespoir laissèrent place à la colère. Des techniques de Ju Ji Tsu lui revinrent en mémoire. Elle réussit à saisir la main de Scar et, d’une brusque rotation du poignet, fit ployer celui de l’homme. Il dut la lâcher. Mat en profita pour placer son pied sur le genou de Scar et d’une poussé, le déséquilibra.
Céline s’écarta juste à temps. Scar tomba dans l’escalier et s’écrasa contre la porte.
*Chacun son tour ! * Songea la jeune fille avec satisfaction.

Kane leva la tête vers Alexander, mais celui-ci avait profité de la confusion qui avait suivi le geste de Mat pour s’éclipser. Néanmoins il n’était pas parti sans laisser une trace de son passage. Vu sa stature, lorsqu’il se tenait en haut des marches, ce qu’il avait laissé était resté invisible aux yeux des Aquarionautes. Peut être aurait il mieux valu que cela le reste. Debout contre le mur, il y avait une femme aux cheveux bruns mi longs, la tête baissée, les bras pendant le long de son corps inerte. Kane reconnut coupine ! (Professeur de Mat) Elle était morte, et ce qui la maintenait contre ce mur, c’était une longue tige de fer, en travers de son corps et du mur.
Maureen ne tint plus en place. Il fallait qu’elle sorte, et sur le champ ! Elle saisit la chaise qu’avait laissé tomber Julien et voulut la balancer contre la porte vitrée. Une ombre se profila derrière cette vitre. Maurin lâcha la chaise à son tour.

Céline avait rejoint les autres et regardait Alexander, énervée et sur le point de craquer nerveusement. Elle commençait vraiment à se fatiguer de ce jeu. La voix du tueur retentit, étouffé.
« Dix minutes »
Et il sourit. Céline lui répondit d’un regard noir. Une main vint saisir la sienne et la tira doucement en arrière.

Camille ouvrit la marche. Elle mena les autres au second étage, où ils s’assirent dans le couloir même, sauf Mat qui surveillait l’escalier.
« Bon… On fait quoi ? »
Kane lâcha la main de Céline. Pauline soupira. Julien tourna la tête vers l’ascenseur, au bout du couloir. Mat suivit son regard. Un rire nerveux s’échappa de ses lèvres.
« Bien sûr, l’ascenseur. »
Maurin se leva brusquement, une lueur d’espoir au fond de ses yeux.
« Mais oui, il amène dehors ! Dans cette pièce qui n’est pas rattaché au bâtiment ! »
Julien secoua la tête.
« Trop simple. Si ce malade…
- On a encore plusieurs minutes devant nous ! Il n’a pas le droit de nous attaquer, selon ses propres règles ! »
Et l’espoir revint dans le cœur de chacun. Seule Mat ne partageait pas ce sentiment qui les animait.
« Vous oubliez bien vite l’autre dingue en bas. Et ces types… Vous croyez vraiment qu’ils ont une morale ? Vous croyez qu’ils vont nous laisser nous barrer comme ça, après… Après tout ça ?!? »
Céline la regarda tristement.
« Mais on n’a pas le choix. Si on reste là, on va mourir quand même, alors…. »
Mat fut frappée par la justesse de sa réflexion. Elle finit par s’avouer vaincu. Après tout, qu’avaient ils à perdre désormais ?

L’ascenseur ne pouvait pas tous les accueillir. Ils étaient sept pour cinq places maximum. Julien, Céline, Pauline, Camille et Kane prirent place dans la cabine. La porte se referma sur les visages anxieux de Mat et Maurin.
La porte s’ouvrit au rez de chaussée, dans une petite pièce vide. La cour était également déserte. Ils étaient sauvés.

Maureen appuya sur le bouton de rappel de l’ascenseur. Elle posa sa tête contre le mur face à elle.
« Mat, à ton avis, c’est vrai ? Que Elise… »
L’interpellée resta silencieuse, ses cheveux devant les yeux, ce qui lui permettait de cacher sa tristesse. Maureen esquissa un sourire mélancolique, mais elle avait plus envie de pleurer que de rire.
« C’est injuste ! Qu’est ce qu’on a fait pour mériter ça ! »

« Qu’est ce qu’on a fait pour mériter ça ! »
Scar s’arrêta dans l’escalier. Cette exclamation reflétait à la fois l’angoisse et la colère de Maureen, sa tristesse et sa haine. Il fut frappé par l’intonation de sa voix qui trahissait des sentiments aussi forts. Il n’avança pas plus, bien que seulement à quelques marches des deux filles, et s’adossa contre le mur. Il préférait attendre encore un peu…

Mat n’avait rien à répondre à cela. Elle s’approcha de Maureen quand l’ascenseur arriva enfin. La porte s’ouvrit. Les deux reculèrent d’un pas. Sur leur peau pâle, un reflet rouge passa, puis une ombre vint tout obscurcir. Après un instant de silence, lourd de sens, Mat hurla, un cri entre rage et peine. Il y eu un bruit mat, et à nouveau ce reflet vermeil vint danser sur leur visage défait. Les portes de l’ascenseur se refermèrent à moitié, puis se rouvrirent lorsqu’elles heurtèrent une masse plutôt volumineuse. Mat prit sa tête à deux mains, les yeux agrandis par l’horreur ; Maureen avait ouvert la bouche, mais aucun son n’en sortait.
La même scène que la semaine précédente ; les mêmes inscriptions en lettres de sang ; Ce sang qui coulait aux pieds de Maureen et son amie… le corps d’un garçon sur le sol, et peut être la preuve d’autres cadavres en bas.
« C’est pas vrai… C’est un cauchemar… Julien… Kane… Camille… »
Mat tomba à genoux, terrassée par la douleur. Son esprit sombra dans de profondes abîmes, elle perdit conscience de ce qui se passait autour d’elle. Sa vue se brouilla, la cabine d’ascenseur s’estompa peu à peu pour laisser place aux ténèbres apaisantes. Une voix douce, rassurante, s’éleva alors.
« Et si c’était vraiment un cauchemar ? »
Elle releva la tête. Toujours, ces ombres rouges jouaient autour d’elle.
« C’est vrai, tout ceci n’est qu’un rêve, ou plutôt un cauchemar que l’on nomme vie. Et si c’était vraiment ça la vie, après tout ? Un très, très long rêve, dont la mort n’en serait que le réveil ? »
Mat secoua la tête, des larmes coulant le long de ses joues creusées. La voix reprit.
« Laisse toi aller. Tu te sentiras mieux après. Tu seras libre. Laisse ces Ténèbres t’envelopper, avant de retrouver ta Lumière. Oublie la peur, la souffrance et la solitude que tu as du ressentir durant tout ce temps, durant ces 16 années. Oublie le chagrin et le désespoir qui te gagne. C’est un jeu, le Jeu de l’Ange, et il est perdu d’avance. »
Une larme s’écrasa sur le poing serré de la jeune fille. Deux portes apparurent devant elle, l’une rouge et l’autre lumineuse. Eblouie, Mat se releva et s’approcha lentement. Par delà la lumière, elle distinguait des silhouettes. Des éclats de rire glissèrent jusqu’à ses oreilles, son divin qu’elle n’avait pas entendu depuis une éternité. Une des personnes se tourna vers elle et sourit en l’apercevant. Puis elle leva le bras et lui fit un grand signe de la main.
« Vois, ton rêve sur le point de se réaliser. Ce monde que tu attends, ton monde. Là ou tes amis ont patienté chaque jour jusqu’à aujourd’hui, ou tu les rejoins enfin. »
Matt voyait tout ça sans y croire. Un sourire vint éclairer son visage, ranimer la flamme éteinte au fond de ses yeux bleus. Elle avança encore d’un pas vers la Lumière.
« MATHILDE !!! »
Elle s’arrêta, interdite. Le hurlement venait de la porte rouge.
« E… Elise ?? »
La porte s’ouvrit. Elle se vit, allongée sur le sol du couloir, les yeux clos et le visage aussi blanc que le linceul de la mort. A ses côtés, lui tenant la main, un homme aux cheveux bleus. Et debout devant elle, Maureen, Céline, Camille et Elise. Mat approcha son visage de l’embrasure de la porte.
« Attention ! L’avertit la voix. Si tu franchis cette ligne, tu rentreras à nouveau dans ce monde !
- Ce monde… N’est il pas mon monde ?
- Tu connais la réponse aussi bien que moi. Ta vie n’a de sens qu’auprès des gens qui t’attendent et qui t’aiment. »
Mat tourna la tête vers la voix, puis vers la porte de Lumière. Ils étaient tous là, dix sept adolescents, à attendre son choix. Ses amis, depuis la nuit des temps. Ceux avec qui, à travers les âges et les mondes, elle avait partagé tant d’aventures. Oui, ses amis, de véritables amis, tous liés par ce lien indestructible.
« Les épreuves ont été nombreuses et le seront encore. Mais c’est ton vœu depuis si longtemps. »
Mat ferma les yeux et recula.
« Pardon… »
Murmura t elle. Une jeune fille rousse l’appela doucement.
« Mathilde ? »
Mat secoua la tête, essuyant rageusement de nouvelles larmes apparues au coin de ses yeux. Puis elle les regarda tristement, une dernière fois.
« Ma place est auprès d’eux, tant qu’il me restera un souffle de vie là bas. Ils sont mes amis. Vous devez me comprendre… Alors… Est-ce que vous pourrez patienter encore un peu ? »
Tous se regardèrent, un sourire aux lèvres. Un jeune homme aux cheveux noirs mal coiffés, des lunettes posés sur son front, leva son pouce droit vers le ciel.
« Vas y, et fais ce que tu as à faire.
- Et reviens vite ! renchérit un garçon avec un bob sur la tête.
- On t’attendra le temps qu’il faudra. » Conclut une fille aux cheveux mauves, le poing tendu vers Mat.
Celle-ci l’imita. Une dernière larme perla.
« Merci. »
Puis elle franchit la porte rouge. Lorsqu’elle disparut, une femme élégante sortit de l’ombre. Elle avait les cheveux noirs, tombant jusqu’au milieu de son dos, un visage aussi délicat que gracieux et des yeux de la couleur d’un rubis.
« A bientôt »
Murmura t elle. Ses mots se perdirent dans les ténèbres.

Elise s’agenouilla près de Mat et posa sa main sur son front.
« Elle est glacée ! »
Sa voix s’étrangla dans sa gorge. Les larmes lui montèrent aux yeux.
« Mat, tu vas pas nous abandonner comme ça ? Pas toi ! S’il te plait, reviens. Ouvre les yeux, bon sang ! »
Et comme pour répondre à sa demande, les paupières de son amie se soulevèrent lentement. Elise porta les mains à son visage. Elle sourit à travers ses larmes.
« Mat ! Tu es en vie ! »
Les autres poussèrent un cri de joie. Mat les regarda tour à tour, les yeux pétillants.
« Ouais… Je crois que vous allez devoir me supporter encore un moment… »
Répliqua la jeune fille d’une voix faible. Elle tenta de sourire, ce qui lui arracha une quinte de toux sévère. Sa main se porta à ses lèvres, pour essuyer le liquide qui s’en déversait.
« Du… sang ?! »
Incrédule, elle ne pouvait détacher ses yeux de ses doigts tachés. Puis la douleur la fit se plier en deux.
































Chapitre sept : de nouveaux joueurs

Un peu avant la sortie de l’ascenseur de Céline, Kane, Julien, Camille et Pauline.
Kane avait été la première à jaillir de la pièce, suivie de Camille. Cette dernière avança de quelques pas, les yeux plissés, encore mal habituée à la lumière éblouissante du soleil. Son amie inspira profondément.
« Enfin sortis de ce cauchemar ! Vive la liberté ! »
S’écria Céline qui marchait derrière Camille. Elle s’avança jusqu’à la statue qui décorait la cour, sorte de truc vert gris de très mauvais goût. Elle s’appuya contre cette chose et leva les yeux vers le ciel bleu, un sourire aux lèvres.
Pauline était sortie à son tour. Elle vérifia qu’ils étaient bien seuls et soupira, soulagée. Julien attendait derrière elle qu’elle s’écarte de l’embrasure.
« Tu peux t’écarter s’il te plait ? Finit par demander le jeune homme impatient de retrouver l’air frais.
- A oui pardon ! »
Pauline se décala et se tint droit comme un i à côté de la porte, comme si elle saluait un général quelconque, elle petite soldate. Elle fronça les sourcils en voyant que Julien ne bougeait pas et agita sa main devant ses yeux. L’adolescent était tétanisé.
« Eh oh, ça va pas ? C’est ta blessure qui te fait mal ? »
Demanda t elle inquiète en remarquant qu’il avait posé sa main sur sa poitrine. Mais son regard était fixé sur quelque chose, derrière Pauline.
Un bras passa par-dessus la tête de cette dernière, frôlant ses cheveux noirs. La pointe d’un sabre vint se coller contre la gorge de Julien.
« Recule. »
L’ordre claqua comme un coup de revolver. Les yeux de Pauline s’embuèrent de larmes de désespoir.
Julien recula à l’intérieur de la pièce, suivi de Pauline obligée d’avancer. Toujours, le piquant de l’arme harcela le jeune homme.
Alexander saisit Pauline par l’épaule sans prévenir et la projeta contre le mur de droite avec violence. Désormais, plus rien ne le séparait de son premier « Ange ». Sur ses lèvres s’esquissa un sourire, représentation du sadisme et de la cruauté qui demeuraient en l’homme. Ils entrèrent dans l’ascenseur que Julien venait à peine de quitter.
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Lun 20 Fév - 0:48

oups j'étais un peu à coter de l aplaque je l'ai loupr^^" *vlan*

comme je dit toujours,e t comme je dirit toujours^^ c'est vraiment supeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeerrrrrrrrrr ******çççççç*******
et bien sur je vue la suiteeeeeeeeeeeeeeeeeuuuuuuuuuuuuuuuuuhhhhhhh *ç*
je vais relire sa y a des apssaque que j'ai aps bien compris xD
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Alexiel
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Lun 20 Fév - 15:27

Merci d'avoir lu Roro :chu!: T'es vraiment la meilleure!
Et euh... tu pourras me passer la suite de ton histoire? :Hate^^:
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Lun 20 Fév - 15:44

D e rien c'est normale de lire les oeuvvres de ses amies** aussi tes oeuvre son super^^
oui bien sur >>
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 24 Mar - 22:15

Chapitre sept : de nouveaux joueurs


Un peu avant la sortie de l’ascenseur de Céline, Kane, Julien, Camille et Pauline.
Kane avait été la première à jaillir de la pièce, suivie de Camille. Cette dernière avança de quelques pas, les yeux plissés, encore mal habituée à la lumière éblouissante du soleil. Son amie inspira profondément.
« Enfin sortis de ce cauchemar ! Vive la liberté ! »
S’écria Céline qui marchait derrière Camille. Elle s’avança jusqu’à la statue qui décorait la cour, sorte de truc vert gris de très mauvais goût. Elle s’appuya contre cette chose et leva les yeux vers le ciel bleu, un sourire aux lèvres.
Pauline était sortie à son tour. Elle vérifia qu’ils étaient bien seuls et soupira, soulagée. Julien attendait derrière elle qu’elle s’écarte de l’embrasure.
« Tu peux t’écarter s’il te plait ? Finit par demander le jeune homme impatient de retrouver l’air frais.
- A oui pardon ! »
Pauline se décala et se tint droit comme un i à côté de la porte, comme si elle saluait un général quelconque, elle petite soldate. Elle fronça les sourcils en voyant que Julien ne bougeait pas et agita sa main devant ses yeux. L’adolescent était tétanisé.
« Eh oh, ça va pas ? C’est ta blessure qui te fait mal ? »
Demanda t elle inquiète en remarquant qu’il avait posé sa main sur sa poitrine. Mais son regard était fixé sur quelque chose, derrière Pauline.
Un bras passa par-dessus la tête de cette dernière, frôlant ses cheveux noirs. La pointe d’un sabre vint se coller contre la gorge de Julien.
« Recule. »
L’ordre claqua comme un coup de revolver. Les yeux de Pauline s’embuèrent de larmes de désespoir.
Julien recula à l’intérieur de la pièce, suivi de Pauline obligée d’avancer. Toujours, le piquant de l’arme harcela le jeune homme.
Alexander saisit Pauline par l’épaule sans prévenir et la projeta contre le mur de droite avec violence. Désormais, plus rien ne le séparait de son premier « Ange ». Sur ses lèvres s’esquissa un sourire, représentation du sadisme et de la cruauté qui demeuraient en l’homme. Ils entrèrent dans l’ascenseur que Julien venait à peine de quitter.
Camille, Kane et Céline avaient suivi la scène sans oser y croire. Alors qu’elles croyaient le cauchemar fini, allait il recommencer ? Kane sentit ses jambes se dérober sous elle, et elle tomba à genoux, les bras ballants le long de son corps. Céline resta appuyée contre la sculpture, comme si elle faisait désormais parti de l’œuvre irréel. Camille tremblait comme une feuille, mais elle ne pouvait plus faire un seul geste.
Les portes de l’ascenseur se refermèrent alors.

Après que l’engin soit arrivé au deuxième étage, et que Maureen et Mat aient découvert le carnage, deux évènements se produisirent au même moment et embrouillèrent dangereusement la situation.
D’un côté, Alexander qui sortit de la cabine et qui se jeta sur Maureen. De l’autre, Scar qui se décidait enfin et, arrivé devant Mat, s’agenouilla et la saisit de sa main droite par le menton.
Maureen, mue par un instinct de survie auquel elle ne croyait pas auparavant, réussit à esquiver le géant blond. Elle détala ensuite par le couloir, talonnée par l’autre fou.
Scar plongea son regard dans celui de Mat. Elle était en état de choc, et ne semblait plus en état de percevoir la moindre chose. Il l’observa avec tristesse et compassion.

« Non ! »
Céline réagit enfin. Son cri tira Kane et Camille de leur torpeur. Les trois filles se précipitèrent dans la pièce pour y trouver Pauline, inconsciente. Un bruit de verre brisé attira leur attention.

Maureen courait sans savoir ou aller pour échapper une fois pour toutes à ce dingue. Elle voulait aussi retourner auprès de Mat, mais ça n’allait pas être possible apparemment. Il ne lui restait qu’à espérer que celle-ci se débrouille seule.
Enfin elle arriva au fond du couloir et s’engouffra dans l’escalier. Elle descendit jusqu’au premier étage et passa la porte donnant accès à ce nouveau couloir.
« Psst ! »
La jeune fille tourna la tête et retint un cri.

Scar lâcha Mat. Il se releva et la regarda de haut. L’expression de son visage se durcit.
« Il est temps d’en finir. »
Son regard fut accroché par un reflet sur sa gauche. Il s’agissait d’un sabre dont la lame, déjà souillée de sang, était plantée dans le dos de la victime d’Alexander. La main de l’homme se posa sur la garde de l’arme et la retira lentement du corps. Il saisit ensuite Mat par le bras, la força à se relever. Elle n’eut absolument aucune réaction.
Sans un mot, Scar plongea le sabre dans la poitrine de Mat. Son corps fut agité par quelques spasmes, puis elle se calma. Il enfonça un peu plus la lame. La jeune fille semblait sur le point de crier, mais aucun son ne sortait de ses lèvres entre ouvertes. Elle releva brusquement la tête tandis que le fer mordait sa chair, toujours plus profondément. Son dos sembla se déchirer sous la douleur, et c’est finalement ce qui arriva lorsque le sabre la transperça. Elle hurla. Son corps finit par ne plus tolérer le mal alors elle s’évanouit. Elle s’affaissa au sol comme une poupée de chiffon. La partie de l’arme qui ressortait dans son dos fit le chemin inverse lorsqu’elle s’allongea, aggravant la blessure de la jeune fille.

A l’instant même où le sabre transperçait Mat de part en part, Alexander passait la porte du premier étage. Le hurlement le fit s’arrêter net.
« Maintenant ! »
Il n’eut pas le temps de se retourner, son bras fut fracassé par une chaise lancée à la volée. Un craquement retentit.

Céline et Camille trouvèrent la porte vitrée explosée, celle qu’eux-mêmes n’avaient pas pu détruire (chapitre 6)
« Cool… on a une sortie maintenant ! »
Ne put s’empêche de dire Céline, une pointe d’amertume dans la voix.
Camille entra
« Mais qu’est ce que tu fais ?? S’affola l’autre
- Je vais chercher Maureen et Mathilde tiens !
- Mais on ne sait même pas si elles sont encore en vie !
- Justement, on ne sait pas. Et si elles étaient en danger ? On devrait s’enfuir et les laisser tomber ?! »
Sa voix se brisa et elle ne put continuer. Mais elle avait au moins réussi à convaincre Céline.
Un hurlement les fit sursauter.
« Mon Dieu… »
Souffla Camille.

Scar observa Mat un long moment encore. Une flaque de sang s’étendit rapidement sous la jeune fille. Il reprit l’arme doucement et la posa à ses côtés, après avoir minutieusement effacé ses empruntes sur la garde. Il s’assura que l’adolescente ne pourrait plus s’en sortir puis quitta les lieux.

Alexander regarda avec stupéfaction les quelques personnes qui lui tenaient tête. Il y avait Maureen bien sûr, Elise et deux inconnus : un jeune homme aux cheveux noirs en bataille et aux yeux noirs ; un homme un peu plus âgé aux cheveux presque mi longs et bleus, les yeux de la même couleur. L’adolescent, un peu plus grand que Maureen, était vêtu d’un jean, d’un T-shirt noir et par-dessus une veste sans manches classe. L’autre homme mesurait dans les 1m80, il portant un long manteau blanc et bleu à col noir et or, en dessous un sweat-shirt et le tout complété par un pantalon blanc et bleu.
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Dim 16 Avr - 23:06

Une fois la surprise passée, Alexander sourit. Le garçon aux cheveux noirs tenait le pied-de-biche qui lui avait cassé le bras, c’est à lui qu’il s’adressa en premier.
« Joli coup… Propre et net, qui m’a brisé l’os cubitus de mon bras droit. Vous aviez remarqué que j’étais droitier ?
- Oh non, bien que la majorité de la population le soit et donc que je m’en doutais, mais j’avais dans l’idée de m’occuper de l’autre bras. Allez, deux pour le prix de un, c’est une promo à ne pas manquer, ironisa le jeune homme en levant à nouveau la chaise
- Merci, mais je me méfie des promotions, elles cachent toujours quelque chose… Qui êtes vous ? »
L’homme aux cheveux bleus fronça les sourcils, mais garda le silence, laissant le soin à son jeune ami de les présenter.
« Je me nomme Sasha. En russe, il faut savoir que mon prénom équivaut au diminutif du votre… Si vous vous appelez bien Alexander. Coïncidence amusante n’est ce pas ? Et lui, c’est Sieg. Lui en voulez pas de ne pas vous le dire directement, mais c’est vrai que vous n’en valez pas la peine non plus. J’ai juste le malheur d’être trop gentil. »
Maureen et Elise n’en menaient pas large. Elles suivaient l’échange d’un air inquiet, mais surtout elles espéraient qu’elles allaient pouvoir remonter très vite pour retrouver Mat. Sieg devina leur impatience et fit un signe à Sasha, qui acquiesça. Il soupira, l’air ennuyé.
« Vous savez ce que je me dis, Mr le tueur ? C’est qu’on va devoir rester discuter tous les deux et que j’en ai pas spécialement envie. Alors que diriez vous de partir ? »
Alexander le regarda sans comprendre. En même temps, Sieg s’était avancé, pour faire barrage entre le tueur et les deux jeunes filles qui purent passer derrière lui et remonter sans être inquiétées. Après un dernier regard à Alexander, l’homme aux cheveux bleus les suivit.
Le géant blond ne fit pas un geste, pas plus que Sasha. Le garçon laissa tomber son arme de fortune.
« D’accord… Je commence à comprendre. Vous servez de bouclier aux autres pour qu’ils puissent aider votre jeune amie. C’est téméraire de votre part, dit tranquillement Alexander, sa main gauche posée sur son bras douloureux.
- Merci, répliqua simplement Sasha.
- Mais je ne peux parvenir à rien dans mon état. Je dois donc me retirer du jeu pour quelques tours. »
Sasha se raidit imperceptiblement. Son visage se referma, sa voix se fit plus dure
« La vie d’autrui n’est pas un jeu, comme vous pensez le croire. Si je vous revois vous approcher de Mat, ou de qui que ce soit, croyez moi que vous finiriez par le payer. »
Alexander, qui avait commencé à s’éloigner, s’arrêta et sourit.
« Live and see, my dear. »

Kane ne savait plus quoi faire pour ranimer Pauline. Malgré ce qu’on avait pu lui apprendre, à savoir qu’il ne faut jamais bouger un blessé, elle l’avait traîné dehors et allongée dans l’herbe, puis elle s’était assise à ses côtés. Depuis son imagination la torturait. Qu’est ce qu’il pouvait bien se passer à l’intérieur ? Que faisaient Céline et Camille ? Julien était il mort ? Et surtout, pourquoi ne pouvait elle pas se lever et tenter de les secourir ? Sans doute parce que ses jambes ne la portaient plus. Elle leva les yeux vers le ciel bleu.

Mat revint à elle, étendue dans une mare de sang, le sien mêlé à celui de Julien. Ses amis étaient présents à ses côtés, Camille et Céline venaient juste d’arriver.
Sieg posa un genou à terre et saisit le poignet de la blessée. Il se redressa, soucieux.
« Son pouls est faible. Il faut qu’elle voit un médecin sur le champ
- Ah oui pas con ! J’espère que vous en avez un de poche sur vous ! » S’énerva Camille au bord de la crise de nerfs. Elle se forçait à ne pas regarder le corps de Julien, à moitié sorti de l’ascenseur. Les portes se rabattaient d’ailleurs à intervalles réguliers, mais toujours bloquées se rouvraient, achevant le peu de sang froid qu’il leur restait à tous.
Sieg porta son attention vers la jeune fille et lui sourit tristement, les yeux brillants
« Croyez vous que cela me réjouisse de la voir dans cet état ? »
Camille se calma sur le champ. Il n’était responsable de rien, il ne cherchait qu’à les aider. Et apparemment, il connaissait bien Mat. Ca le rendait aussi malade qu’elle de la voir dans cet état.
Mat n’avait pas quitté Sieg des yeux, l’air heureuse.
« Alors tu as pu venir… »
Le jeune homme s’agenouilla à nouveau près d’elle et lui prit la main.
« Ne parle pas. Il faut que tu gardes tes forces »
Mat ferma les yeux. Son visage se crispa, elle avait de plus en plus de mal à respirer. Sieg releva légèrement la tête.
« J’aurais besoin d’un linge humide. Si quelqu’un pouvait…
- Moi m’sieur j’ai ! »
Sieg saisit au vol le bout de tissu trempé que lui avait lancé Sasha. Ce dernier salua tout le monde d’un signe de la tête.
« J’ai appelé le Samu, ils seront là dans cinq minutes. Par contre j’ai eu plus de mal à expliquer la situation aux policiers, mais ils arrivent aussi. Tout ça pour toi Mat ! »
Mat rouvrit les yeux et sourit à Sasha, tandis que Sieg nettoyait sa blessure.

L’ambulance arriva effectivement dans les minutes suivantes, sirènes hurlantes, suivi par un camion des forces de l’ordre. Mat et Pauline furent envoyées à l’hôpital en premières, suivies des autres filles. Sasha et Sieg avaient disparu aussi soudainement qu’ils étaient apparus.
Sur les lieux du drame, on retrouva dans une salle fermée du rez-de-chaussée les corps empilés de tous ceux qui avaient osé venir travailler ce jour là.
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Dim 16 Avr - 23:07

Chapitre huit : carte hôpital

Mat rouvrit difficilement les yeux. Des lumières défilaient à toute vitesse au dessus d’elle. Un bruit continu parvint à ses oreilles, le frottement des roues en caoutchouc sur du carrelage. Sa main droite pendait dans le vide, et son autre bras était appuyé contre une surface lisse et froide. Elle tenta de se redresser, mais l’effort encore trop important pour elle lui fit cracher un peu de sang. Une ombre se profila devant son visage, la soustrayant à la lumière trop violente des néons. Sa vue se brouilla, elle laissa retomber sa tête sur le sol et se rendit compte que celui-ci était anormalement mou.
« Vous m’entendez mademoiselle ? »
Le son déformé de la voix d’une femme. Mat grimaça pour toute réponse. Ses paupières s’alourdirent.
« Rythme cardiaque… Préparez… Vite ! A trois… deux, trois. »
Une secousse. Puis tout redevint calme.
« On la perd… Coma… Transf… »
Mat n’entendait plus rien, juste le silence qui envahissait à nouveau son esprit. Et encore une fois, elle glissa dans le monde de son inconscience.

Camille regardait Maureen dans la pièce d’à côté, interrogée par deux policiers. Elles se trouvaient aussi à l’hôpital, dans une sorte de salle d’attente, avec Céline, Kane et Elise. Toutes étaient nerveuses, et ne pas recevoir de nouvelles des blessées commençait à les inquiéter gravement.
« C’est long, finit par se plaindre Céline. Et quand on sera pour Mat ?! Ca fait déjà trois heures ! »
Elise était debout près de la fenêtre, concentrée sur le mouvement des branches des arbres ballottés par le vent. Kane s’était endormie sur son fauteuil, épuisée. A ses côtés, Céline qui se rongeait les ongles. Leurs parents n’avaient pas été autorisés avec elles tant qu’elles ne seraient pas passées devant un infirmier psy.
Maureen revint et s’assit, à bout de force.
« Ils m’ont dit pour Pauline… »
Annonça t’elle lentement. Les autres se redressèrent, anxieuses. Leur amie ferma les yeux et passa sa main dans ses cheveux.
« Elle est dans le coma. Son état est stable ! S’empressa t elle d’ajouter pour rassurer tout le monde. Mais ils ne savent pas quand elle va se réveiller. »
Céline s’enfonça dans son siège, abattue. C’en était trop cette fois ci. Et à la pensée que Mat était peut être là, à quelques mètres d’elle, agonisant sur une table d’opération…
« Au fait ! S'écria Camille tout à coup, faisant sursauter tout le monde. Qui étaient ces deux garçons ?! »
Elle fixa Elise, qui haussa les épaules
« Sasha et Sieg ? Je ne sais pas.
- Comment ça ?? Mais ils ne sont pas venus avec toi ?
- Si, mais je les ai vu pour la première fois dans la cour. Je me suis réveillée en retard ce matin, alors je suis arrivée à peu près à l’heure ou tu m’as vu, Maureen »
Celle-ci hocha la tête, se souvenant parfaitement de ce moment. Elle frissonna en songeant que si Elise s’était réveillée à temps, elle se serait trouvée piégée elle aussi.
Camille fit quelques pas dans la pièce.
« Alors qui sont ils ?
- Des amis de Mat je pense, tout simplement, avança Céline hésitante.
- Ceux qui m’ont sauvé la vie également, rajouta Maureen
- Qui nous ont sauvé la vie.» Corrigea Camille.
Le silence retomba, à peine troublé par les bruits du couloir. Dans la pièce d’à côté, les deux inspecteurs relisaient leurs feuilles, choisissant sûrement laquelle des filles ils allaient interroger à présent.
« Vous vous rendez compte, murmura Céline au bout d’un moment. C’est fini maintenant. On est en sécurité à l’hôpital, bientôt on va pouvoir rentrer chez nous et reprendre le cours de notre vie. Mais il n’y aura plus Julien, plus Pauline et peut être plus Mathilde… »
Elise serra les poings, tête baissée.
« Tant qu’ils n’auront pas retrouvés ceux qui nous ont fait ça, ça ne sera jamais la fin. »
Elle chassa ses larmes du revers de la main, prit une grande inspiration et se força à sourire
« Mais ce dont je suis sûre, c’est que Mat va s’en sortir. Après tout, elle m’a bien dit qu’on allait devoir la supporter encore un moment, alors on peut lui faire confiance pour ça.
- Si elle meurt, je la tue ! » S’exclama Maureen en se relevant, plus enflammée que jamais.
Et il faut croire que leurs paroles parvinrent jusqu’aux oreilles de Mat, car on leur annonça dans la soirée que l’opération avait été un franc succès.

« Ouais t’as entendu aux infos ? Le truc de ouf à Cornouaille ! Plus de trente morts !
- Le lycée dans la cité de Kermoysan ? Tu déconnes !
- Non je t’assure ! Il y a six survivantes d’un jeu morbide qu’aurait instauré le tueur.
- Six et trente morts ? Elles ont eu de la chance.
- Ouais mais bon, y en a une qu’a failli crever et une autre dans le coma quand même. »
Les deux garçons qui discutaient sur la place de la cathédrale, à 17h30 sous un soleil de plomb, furent surpris par l’obscurité qui s’abattit brusquement sur eux. L’un leva la tête et vit avec étonnement l’astre briller dans le ciel, sans nuage devant.
Une main s’abattit sur l’épaule d’un des deux garçons, qui se retournèrent comme un seul homme. Devant eux se tenait un géant au teint mat et aux cheveux blancs, une cicatrice barrant son visage. Il portait des lunettes de soleil qui empêchaient les ados de voir si il les dévisageait ou pas. Ce qui est sûr, c’est qu’il avait l’air pas très commode.
« Qu’avez-vous dit ? »
Demanda t il d’une voix grave ou pesait un soupçon de menace. Le garçon qui avait raconté l’histoire bégaya
« De… de quoi ?
- Je vous demande de répéter ce que vous venez de dire », s’impatienta l’homme
Le garçon déglutit.
« Des gens ont été tués à Norcouaille…Rocnaille… Cornouaille…
- Ca je le sais ! Les survivants ! Vous parliez des enfants qui ont réussi à échapper au massacre non ?! »
L’ado s’affola. Il plaça ses bras devant son visage et dit d’une voix suraïgue
« Six dont une blessée et une dans le coma, c’est tout ce que je sais !! »
Mais il eut beau attendre le coup, celui-ci ne vint pas. Quand il osa enfin baisser les bras, il vit la silhouette de l’homme qui s’éloignait rapidement.

La nuit tomba doucement sur l’hôpital de L, le silence s’imposa au fur et à mesure que les heures défilaient. Les couloirs étaient quasiment déserts, à l’exception du personnel de garde et du petit commando qui s’était formé à l’instar de tous : Kane en tête, Céline à la fin et personne au milieu. Il leur fallait savoir si Mat et Pauline avaient vraiment une chance de s’en sortir, et vu que les médecins s’étaient montrés très évasifs avec elles, elles avaient décidé d’aller constater par elles même. Elles parvinrent sans encombre devant les chambres voisines de leurs camarades. Il fut décidé que Céline irait voir Mat et Kane la seconde blessée. A vraie dire, elle avait appris que c’était parce qu’elle avait bougé Pauline alors qu’elle était inconsciente que celle-ci risquait de ne jamais se réveiller, et elle s’en voulait énormément.
Céline ouvrit doucement la porte et entra dans la pièce à pas feutrés. Elle s’arrêta au pied du lit de Mat. La jeune fille avait les yeux clos.
Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, elle n’était pas reliée à dix appareils différents, juste une perfusion et un autre engin qui vérifiait que son cœur battait toujours au même rythme. Céline fit le tour du lit, évitant de se prendre les pieds dans les fils qui traînaient. Elle s’assura que Mat respirait toujours (pas trop confiance), espéra que le fait que sa peau soit glacée n’était qu’un phénomène normal du à un choc quelconque (elle était pas médecin non plus), puis elle voulut s’asseoir sur le lit à côté. Pas de chance, elle le manqua et s’étala par terre. Le bruit de la chute, ponctuée par une épithète peu flatteuse, tira Mat hors de son sommeil. Elle se redressa, une main sur sa blessure au ventre.
« Qui est là ? »
Céline agita la main, toujours au sol. Mat baissa les yeux et se retint d’éclater de rire.
« Céline ? Mais qu’est ce que tu fais là ?!
- Je te croyais à l’article de la mort, mais soit on m’a menti soit tu récupères très vite ! »
Elle se releva, rouge de honte. Le visage de Mat s’était illuminé, et à nouveau le feu de la vie réchauffait son corps.
« Je récupère très vite sans doute alors. Non, en réalité, j’ai peut être l’air en forme, mais je ne pourrais pas bouger plus. »
Céline remarqua ses traits tirés et comprit qu’elle disait vrai : elle semblait véritablement à bout de force. Elle s’approcha et posa affectueusement sa main sur la sienne. Mat s’empêchait de trembler, elle le sentait.
« Et toi, ça va ? Et les autres ? »
Céline se mordit la lèvre inférieure, songeant à Julien et à Pauline. Elle raconta tout ce qu’elle savait à Mat, les larmes coulant sur ses joues comme les mots s’échappaient de ses lèvres pour les blesser à nouveau. Ca lui faisait très mal d’en parler, de se remémorer une journée qu’elle reverrait sans cesse sans pouvoir l’oublier, à moins d’un miracle. Son amie l’écouta sans l’interrompre. Son sourire s’était évanoui, sa main droite serrait les draps du lit à tel point que ses jointures en étaient devenues blanches.
Puis Céline se tut. Mat ferma les yeux et secoua la tête.
« C’est pas possible. Ca n’a pas pu vraiment se passer. Des histoires comme ça… Ca n’existe que dans les livres. »
Elle se rallongea et plia son bras sur sa tête, masquant le haut de son visage.
« Et maintenant, il va se passer quoi ? Ils ont rattrapé les deux types ? Où ceux-ci nous retrouveront avant ? »
Une larme brilla sur sa joue, suivie d’une autre, et encore une autre… Céline ouvrit la bouche comme pour répondre quelque chose, mais rien ne lui vint à l’esprit. Elles restèrent un long moment côte à côte, sans dire un mot. Puis le bras de Mat glissa et revint se placer à ses côtés. Elle tourna la tête et observa Céline tristement.
« Ce que je voudrais savoir… La seule chose que je voudrais savoir en fait…
- Pourquoi nous ? » Avança Céline
La jeune fille fit signe que non.
« De quel droit se proclament ils maîtres de notre vie… et de notre mort ? »
La question surprit Céline, qui ne s’attendait pas à ça. Mais que pouvait elle répondre en toute sincérité ?
Il est à craindre que Mat n’eut jamais de réponse, même après sa mort. Et après réflexion, on en vient même à se demander s’il n’y en a jamais eu. Quelques fois, des évènements surviennent sans raison logique. Comme celui qui suivit.

Cela commença par un bruit sourd venant de la pièce d’à côté. Céline se releva brusquement et s’attendit à voir la porte s’ouvrir tout à coup sur Kane qui serait venu la chercher, mais il n’en fut rien. Comme il ne se passait rien, elle décida d’aller chercher elle-même son amie. Elle repartit vers la porte après un dernier sourire d’encouragement à Mat.
« Je reviens demain, promis »
Elle posa la main sur la poignée et ouvrit la porte, qu’elle referma aussitôt, aussi pâle qu’un fantôme.
« Ou peut être que je vais rester finalement »
Mat la regarda, perdue. La porte se rouvrit et c’est là qu’elle le vit…
« Mon Dieu… »
Souffla t elle, désespérée.
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Dim 16 Avr - 23:08

Chapitre neuf : tout a une fin

On était le 6 mars 2016. La journée était exceptionnellement belle, malgré la fraîcheur de l’air. Dans le petit cimetière de *, quelques personnes avaient tenu à rendre visite à leurs défunts : refleurir la tombe d’un conjoint, saluer un cousin, prier pour un père…
« Aujourd’hui est un jour spécial » Murmura une jeune femme rousse aux yeux verts. Les deux jeunes femmes blondes qui l’accompagnaient acquiescèrent en silence. Toutes les trois avaient dans la main une rose rouge qu’elles déposèrent au pied d’une tombe blanche. La plus petite des trois sortit des gâteaux d’un panier et les distribua. Puis elles chantèrent un joyeux anniversaire avant de s’asseoir sur une nappe et d’entamer les friandises.
La rousse jeta un coup d’œil à sa montre.
« J’en connais deux qui sont en retard
- Ils doivent venir de loin, alors ils sont excusables », rappela la seconde femme blonde pour défendre les absents
Puis elles parlèrent de choses et d’autres, comme de leurs petits amis respectifs, le boulot, les collègues casse pieds, les mariages en vue, les gens perdus de vue. Puis la conversation finit par s’orienter sur le passé.

Dix ans auparavant : L’inquiétude avait atteint son paroxysme à l’hôpital L. Trois patientes arrivées quelques heures plus tôt avaient disparu. Les deux soucis majeurs étaient que deux d’entre elles étaient blessées, et que celui qui avait causé ces blessures courait toujours. On trouva dans l’une des chambres une quatrième patiente inconsciente. Lorsqu’elle revint à elle, il s’avéra qu’elle ne gardait aucun souvenir des évènements survenus les dernières 24heures.
« Le choc, lié au traumatisme de tout ce qu’elle a vécu, a fait que sa mémoire a occulté les souvenirs de cette journée, expliqua un médecin aux autorités chargées de l’enquête. Elle ne pourra pas vous aider, ni demain ni dans 10 ans. »
Une semaine plus tard, jour pour jour, les policiers retrouvaient les corps mutilés des deux disparues de la première chambre.
On parla beaucoup de cette affaire dans un premier temps, puis elle finit par s’estomper pour presque tomber dans l’oubli, sauf lors de soirées ou elle était souvent évoquée. Au bout de quatre mois, on déclara qu’il n’y avait aucune chance de retrouver la troisième fille en vie. Pour tous c’était la fin d’une histoire dramatique.

Mais il n’en était rien. Le 6 mars 2012, un homme se présenta dans un commissariat, se prétendant l’auteur de près d’une centaine de meurtre d’une barbarie insoutenable, dont l’achèvement, le couronnement suprême, était un jeu entre un démon et des « anges ». Il était grand, presque un géant, les cheveux blond cendré, les yeux verts cerclés de lunettes rondes et une cicatrice barrant sa joue gauche.
Le procès débuta le 4 Juin 2014. Pour quatre amis, c’était une journée spéciale, un rendez vous pris dix ans plus tôt alors qu’ils étaient encore cinq Déjantés de Cornouaille. Mais ils ne se retrouvèrent pas comme convenu à 16h04 dans la clairière du bois de Chaptal, mais à 8h devant les marches du Palais de Justice. Gaëlle, Camille, Jérémy et Elise, 25 et 26 ans.
Dans la salle du tribunal, ils retrouvèrent Maureen et Céline. Les six partirent s’installer dans le fond de la salle, car Maureen ne tenait pas se faire voir par celui qui hantait encore souvent ses cauchemars. Céline n’avait pas ce problème, vu qu’elle ne se souvenait toujours pas de cette journée. Jérémy, Gaëlle et Elise ne l’avaient jamais vu auparavant, mais ce jour là ils ne purent détacher leur regard de celui qui aurait pu détruire leur vie, s’ils s’étaient trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. De plus, cela faisait huit longues années qu’une question restait sans réponse : qu’était il arrivé à Mat, la dernière disparue ? Alexander avait été déclaré coupable déjà du meurtre de Kane et Pauline, alors…
Ce dernier semblait calme, à peine conscient qu’il s’agissait de son procès – alors qu’il s’était livré de lui-même aux autorités au final. Il se leva lorsque le juge le lui demanda puis se rassit. Il écouta d’un air tranquille l’annonce des charges qui pesaient contre lui. Un sourire satisfait apparaissait parfois sur ses lèvres, et il tournait alors la tête vers les six amis assis au fond.
Jérémy eut du mal à se retenir de lui sauter dessus pour lui arracher les yeux et effacer ainsi ce sourire de ses lèvres. Il le sentait, Alexander brûlait de finir ce qu’il avait commencé, et s’il s’était rendu c’était sans doute pour une raison bien précise…
Le procès dura peu de temps. L’épreuve la plus éprouvante pour Elise et Maureen fut de devoir témoigner. Elles furent rejoint par la Camille qui avait du subir la chasse organisée. A elles trois elles firent revivre le cauchemar d’un jeu sanglant à toute l’assemblée, horrifiée par tant de perversion et de mal gratuit.
Alexander prit la parole une seule et unique fois. Ces mots se gravèrent à tout jamais dans la mémoire de ceux qui avaient souffert de ses actes, directement ou indirectement. Il se leva, parcourut le tribunal du regard et fixa son attention sur les sept du fond (Camille G les ayant rejoint), comme s’il ne s’adressait qu’à eux en fin de compte.
« Cela fait dix ans que nous avons entamé une partie. Aujourd’hui encore elle reste inachevée…
Vous voudriez sans doute m’entendre dire que je regrette, que je vous présente mes excuses les larmes aux yeux en vous suppliant de me pardonner. Je suis désolé de vous décevoir sur ce point.
J’ai tué, oui c’est vrai ; avec délectation j’ai massacré vos amis, leurs hurlements m’ont empli de joie. Et si je devais regretter quelque chose aujourd’hui, c’est de vous voir encore en vie, autant ceux qui étaient là que ceux qui auraient du participer.
Mais… mais pourquoi alors n’avons-nous pas continuer notre petit jeu ? Je vois cette question sur vos lèvres… Peut être parce qu’il manque un joueur, non ? »
Ses propos firent scandale, et surtout le ton sur lequel il parla : il était heureux et fier de ses actes, il se moquait de la justice et des victimes. Le verdict tomba : Alexander fut condamné à la perpétuité.
A la sortie du tribunal, il stoppa devant Elise et lui murmura
« Je vous vois soulagée… Mais qui a dit qu’il s’agissait de la fin ? Après tout, peut être que ces deux hommes ont réussi à rattraper Scar et à la sauver… Vous ne l’avez jamais revu alors qu’il a tout fait pour vous réduire au silence à une époque… Pensez y. »
Ses gardiens l’obligèrent à avancer. Alexander adressa un sourire moqueur à la jeune femme, puis il disparut de sa vue.

6 mars 2016 : Jérémy et Maureen avaient fini par arriver. Tous les deux semblaient surexcités.
« Vous savez ce qui est arrivé ?? »
Demanda le jeune homme, essoufflé d’avoir couru dans les allées pour parvenir plus vite jusqu’à Elise, Gaëlle et Camille. Maureen se laissa tomber sur le sol.
« Qu’est ce qu’il vous est arrivé ? Vous avez gagné un marathon ? Les taquina Camille comme à l’accoutumée.
- Alexander s’est suicidé ! »
Elise en laissa tomber son gâteau. Gaëlle réagit vivement, imitée par Camille
« QUOI ?! Quand ça ?!
- Il y a trois heures, il se serait tranché les veines, expliqua Maureen avec un peu de difficulté.
- Alors… ça y est ? C’est la fin de tout ? demanda Camille encore sous le choc. Ca veut dire que toi, Céline, Camille et Elise ne craignez plus rien ? »
Elise se leva et partit à sa voiture, demandant aux autres de l’attendre un instant. Elle alluma la radio et régla la fréquence sur la chaîne info. Mais ils ne parlèrent que d’un accident mortel, d’un trafic de drogue démantelé, pas d’un suicide en prison. Elle revint vers ses amis, debout devant la tombe vide de Mathilde.
« Je n’arrive pas à y croire. Doit on se dire que tout est fini, et abandonner tout espoir ? »
Gaëlle la prit dans ses bras, imitée par tous les autres (même Maureen ouaouh !). Puis tous finirent de manger avant de regagner leurs voitures. Avant de rentrer dans la sienne, Maureen regarda Elise et lui dit
« Tu sais… Je crois sincèrement qu’elle est encore en vie, quelque part. Elle a toujours été coriace… »
Elise acquiesça en silence, puis sourit.
« Merci Maureen. »
Elle s’installa au volant, prit une profonde inspiration pour se calmer, puis démarra la voiture. Elle suivit les autres jusqu’à un petit restaurant non loin, où ils passèrent une agréable soirée.

A plusieurs centaines de kilomètres de là, le médecin du centre pénitencier signait la déclaration de décès d’un meurtrier. Son corps fut emmené dans un camion de la morgue et il atterrit sur une table d’autopsie.
Le médecin légiste Tod examina rapidement l’état des poignets de l’homme et murmura pour lui même
« C’est du propre… il a du mourir après s’être vidé de son sang, et pas dans les meilleurs conditions. »
Quelqu’un frappa à la porte. Tod se redressa en râlant. Les coups se firent plus insistants
« Oui ça va, j’arrive ! Ce n’est pas à un mort qu’il arriverait d’être impatient !
- Vous croyez ? »
Souffla une voix dans son dos. Tod stoppa net, une goutte de sueur perlant sur son front.

« Nom de Dieu Tod ! T’entends pas quand on frappe à la porte ou quoi ? »
S’exclama le vigile sur le ton de la plaisanterie. Il connaissait le caractère tranquille du médecin, qui détestait être dérangé en plein milieu de tout et surtout par lui, mais ça l’amusait. D’habitude, les deux s’engueulaient pendant une dizaine de minutes par jeu avant de reprendre le boulot. Ca aurait du commencer par « Encore toi espèce de sale fouineur ? Tu viens encore voler les dents en or de mes patients c’est ça ? »
Mais aujourd’hui, rien.
« Tod ? Encore en train de parler à tes macchabés ? »
Aucune réponse. Bizarre. Le vigile sortit son arme et s’avança dans la pièce prudemment. Il trébucha contre quelque chose de dur au sol et baissa les yeux. Ses chaussures et le bas de son pantalon étaient couverts de sang, celui du légiste qui avait eu la gorge tranchée.
Le vigile n’eut pas le temps de réaliser ce qui venait de se produire. Une table métallique lui tomba dessus, et il fut empalé par un de ses pieds.
Alexander regarda ses deux victimes sans broncher, tout en enfilant une blouse blanche qui appartenait au médecin. Le pantalon qu’il avait trouvé était trop petit, mais peu importe. Un sourire aux lèvres, il sortit de la morgue. Une fois dehors, il déplia une lettre qu’il avait cachée lors de sa simulation de décès
‘’Le Jeu peut recommencer, tous les candidats sont prêts.
Seishiro’’
Alexander leva la tête vers le ciel étoilé
« Angel will fall first… »

FIN ?
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Mer 19 Avr - 14:16

bon jai pas encore tou lus... jen suis a la troisieme page, je trouve sa simpa, sérieu je suis pas un fan de ce genre d'histoire, mais la jaime bien!
(bien que jai relevé deux ereurs ^^ surement d'inatention)
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Mer 19 Avr - 23:07

vraiment intriguant, je post tant que j'y pense, quand les jeune se souvienne dou ils ont rencontré le tueur, julien et camille lon rencontré ensemble.. puiskils étaient ensemble nn? enfin brefn petit détail qui ma gener, mais cest vraiment bien ^^

jedit pour pas trop.. nn chais pas en fait!
scar? full metal alchimist? ...dommage, c'était tellement original!mais bon cela en reste toujours aussi bien ! (domage quand meme ^^)
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 21 Avr - 18:53

T__T t'as rien capté. De un, ceci n'est qu'un brouillon d'histoire, donc j'ai mis des noms connus. De deux, y a deux Julien et deux Camille. De trois... no comment
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 21 Avr - 19:08

Le Jeu de l'Ange en entier pour vous, avec un changement de description et de nom...

Chapitre un : start

Sur un fond rouge, se détachait cette forme noire. Les couleurs se mélangeaient, s’étiolaient, disparaissaient… Puis un hurlement vint déchirer le voile.
Mat rouvrit les yeux et se redressa brusquement dans son lit d’internat, la respiration saccadée. Son regard se porta aussitôt sur son portable, ou l’heure se détachait en chiffres lumineux : 6h10. Encore cinquante minutes avant que ne sonne son réveil. Mais elle savait qu’elle ne pourrait plus s’endormir après un tel cauchemar.
La porte d’une chambre voisine grinça. Les nerfs tendus, la jeune fille se leva et avança lentement vers la porte, afin de ne pas réveiller ses trois amies qui dormaient encore. Mais une fois qu’elle eut posé la main sur la poignée, elle hésita. Une seconde porte s’ouvrit, au moment même ou Mat se décidait enfin. Une fille de terminale passa devant elle, ses affaires de douche sous le bras, et la précéda dans la salle de bain. Déjà une douche d’occupée.
Mat se posta devant le miroir et observa son reflet ensommeillé. Elle vit l’autre fille ouvrir la porte de la seconde et refermer derrière elle. Une troisième élève entra. Elle salua Mat silencieusement, puis elle toussa, nez froncé.
« Pouah ! Quelle odeur !! »
Mat respira un grand coup et se mit à tousser aussi, tellement l’odeur la prit à la gorge.
« C’est vrai que c’est pas terrible dès le matin… »
La fille ouvrit la porte de la troisième douche, tout en parlant.
« Sans doute les égouts qui refoulent. Non mais franchement ce lycée…. »
Mat avait fermé les yeux, la tête posée contre la vitre glacée. Le sommeil s’emparait à nouveau d’elle, elle songea à retourner se coucher.

Puis le bruit du verre brisé la tira de sa torpeur. Quelques gouttes d’un liquide visqueux atterrirent sur son pied. Du shampoing. Un hurlement, strident, continu, horrifié. Mat rouvrit les yeux et se retourna brusquement, écartant d’un geste vif les mèches de cheveux qui venaient de se placer devant ses yeux. Plusieurs élèves entrèrent dans la salle de bain en pyjama. Une fille sortit de sa douche. Toutes semblaient à la fois inquiètes et curieuses.
Celle qui avait ouvert la porte de la troisième douche tomba à genoux, révélant aux yeux de Mat un spectacle insoutenable. Elle eut un haut le coeur
« Oh mon Dieu… »
Souffla t elle, horrifiée.
Mat reprit très vite le dessus sur ses émotions qui menaçaient de la submerger. Elle prit la fille à terre par le bras et la tira sur le côté, puis referma violemment la porte de la douche d’un coup de pied.
« N’approchez pas !! »
Hurla t elle presque aux autres, avides de savoir ce qui se passait. Mat faisait barrage, bras tendus. Sa pâleur inhabituelle et les tremblements qui parcouraient son corps. Une larme glissa même le long de sa joue, involontaire et inquiétante. Gaëlle et Elise, sorties de leur chambre, s’approchèrent de leur amie.
« Qu’est ce qui se passe ? »
Demanda Elise, ses mains posées sur les épaules de Mat.
Nathalie, la surveillante de leur dortoir, entra et renvoya les élèves hébétés dans le couloir. Elle s’agenouilla ensuite à côté de la fille à terre, encore choquée.
« Qu’est ce qui se passe ici ? »
Demanda t elle à Mat, apparemment plus apte à lui répondre. Celle-ci leva lentement le bras, tête baissée, épaules affaissées, pour désigner la porte responsable de toute cette agitation.
« Là… »
L’élève à terre éclata en sanglots incontrôlés. Nathalie fit signe à l’une de ses amies de venir la chercher. Elle reposa la même question à Mat, qui releva la tête et plongea son regard dans le sien. La surveillante en eut le souffle coupé. Ce qu’elle lut dans les yeux de Mathilde, jamais encore, et jamais plus, elle ne le retrouverait dans le regard d’un autre. Tant de tristesse, tant d’incompréhension, la peur, mais cette détermination… Et pour la première fois, elle se rendit compte de la maturité de la jeune fille. Pas une maturité d’adolescent qui se rend compte qu’il est devenu adulte, non. Elle y lut l’expérience de quelqu’un qui a déjà vécu tant d’évènements horribles, et qui sait que son tour viendra dans peu de temps.
La surveillante secoua la tête. C’était impossible. Elle se releva et s'avança vers la porte. Avant de faire quoi que ce soit, elle regarda Mat à nouveau, qui acquiesça en silence, le visage tourné vers le miroir. Elle ouvrit alors la porte. Et hurla.
Mat voulut fermer les yeux, mais elle ne pouvait détacher son regard d’une telle horreur, même au prix du plus grand effort, même si ce n’était qu’un reflet. Les murs de la douche, d’ordinaire vert et blanc, étaient désormais sombres. Au sol, une forme difforme, repliée sur elle-même, formant des angles anormaux. Des inscriptions étranges et menaçantes. Tel était l’état du lieu du crime.

Bien sûr, la police avait été appelée. Bien évidemment, les ambulanciers avaient suivi. Et par conséquent, Mat s’énervait désormais après eux, qui voulaient absolument la traîner à l’hôpital.
« Je n’ai rien ! R-I-E-N, nothing, nada !! Et si je me sens vraiment mal, je vous le ferais savoir !! »
Elle s’était ensuite enfermée dans sa chambre, s’était habillée à la hâte, puis était redescendu sous le nez des forces de l’ordre, prête pour une journée ordinaire de cours. La jeune fille avait horreur des psys. L’année précédente, on lui avait tellement rabaché l’idée qu’elle était fragile psychologiquement que seul l’évocation d’une éventuelle séance la mettait hors d’elle.
Manger était hors de question, pas après un tel spectacle. Rien que le fait d’y penser lui donnait la nausée. Elle se dirigea donc directement vers la pièce ou elle et ses amis passaient tout leur temps quand ils n’étaient pas en cours, l’aquarium.
L’endroit était encore plongé dans les ténèbres silencieuses de la nuit. Mathilde posa son sac sur la table au centre de la pièce, tira une chaise à elle, s’assit. Elle croisa ses mains sur la table puis posa sa tête dessus. Enfin, elle s’endormit.
Une demi heure plus tard, Elise entra dans l’aquarium, réveillant ainsi Mat. Le défilé continua jusqu’à ce que sonne l’heure du premier cours, sport donc pour les Terminales 1.
Sylvie, Jade et Mathilde se dirigèrent toutes les trois vers le gymnase. La première ne cessait de répéter
« Ouais course ! C’est cool la course ! C’est génial la course !! Moi j’adore la course !!
- Sylvie, ta gueule ! Finit par lui lancer Jade.
- Mais quoi, j’ai le droit de dire que j’aime la course non ? Tu connais pas la liberté d’expression ? Non ? Et bah j’vais t’apprendre ! »
Mat sourit. En présence de deux amies aussi folles, comment pouvoir encore songer à la scène du matin ? Et dire que certains préféraient penser qu’il n’y avait pas de meilleur traitement que le canapé d’un psy.
Après s’être rapidement changées et après le premier affrontement avec Mr Bergeron, vénérable professeur d’éducation physique et sportive, Sylvie entraîna les deux autres sur la piste pour trois tours d’échauffement, qu’elle seule finirait bien entendu.

« Allez, encore un dernier 500 !! »
Hurla le professeur une heure plus tard. Jade grimaça.
« Hum, quelle délicatesse ! »
Elle se tourna vers Sylvie, déjà prête à partir.
« Non mais regardez moi cette beatnik ! T’es pas bien !
- Mais quoi !! s’exclama Sylvie avec un grand sourire. C’est bien la course !! Tout le monde aime la course !!
- Ne prends pas ton cas pour une généralité !! Tiens, demande à Mat. »
L’intéressée ne les écoutait même pas. Plantée au milieu de la piste, la tête levée, elle fit signe à ses amies.
« Vous avez vu ? »
Elles levèrent la tête à leur tour. Plusieurs élèves intrigués par leur attitude les imitèrent. Un homme se tenait debout sur le toit du lycée, face à eux.
« Qu’est ce que… mais il est dingue celui la ??
- Ouah le délire ! Faut oser !
- Regardez, il tient un truc dans sa main non ? Il a l’air de vouloir le lancer… Il l’a lancé !! »
Les élèves étaient surexcités. Pas Mathilde. Sylvie et Jade rejoignirent leur amie quand la chose tomba à ses pieds. Jade recula d’un pas, la main plaquée contre la bouche. Sylvie détourna la tête, yeux fermés. Mat mit un genou à terre et avança sa main vers l’oiseau… Ailes arrachées, le corps transpercé, un mot planté dans les serres. Et inscrit dessus, trois mots.
« I’m back. »

Finalement, les élèves de terminale L avaient bien réussi à éviter ce dernier 500 mètres, au grand dam de Sylvie. Mais pour l’instant, ce n’était certainement pas sa préoccupation première. Elle écoutait Mat raconter ce qu’elle avait vu le matin même.
« C’était une lycéenne de Cornouaille. Son corps était tout tordu, ses cheveux cachaient l’expression de son visage, et je préfère… Je passe sur l’état des blessures, je tiens à rester debout par contre. Mais le pire, c’était les inscriptions sur les murs. Il y avait… celle-ci, étrange « Je t’arracherais tes ailes de pureté pour les souiller de ton sang »…
- Et oh comme c’est bizarre, l’oiseau avait les ailes arrachées. Fit remarquer Jade
- Ensuite, c’était une croix chrétienne avec l’inscription « impie » dessous
- Ah, le péché… ne put s’empêcher de dire Sylvie. Tout comme la sensualité de la douche.
- Et ça y est, retour dans « Psychose », soupira Mat. Le prof de littérature nous a contaminé…
- Ce qui veut dire que l’assassin est un ancien élève de Brouard !! » s’exclama Sylvie pour détendre un peu l’atmosphère. Les deux autres sourirent.
Elles sortirent du gymnase. Une pluie fine s’était mise à tomber sur le lycée, donnant tout à fait le ton lugubre de cette froide matinée d’automne. Les trois amies se turent, le cœur serré. L’heure des plaisanteries était finie, et elles ressentaient désormais la tension présente dans l’air ambiant. Avant même d’arriver en vue du groupe de personnes amassées devant la vie scolaire, elles savaient qu’il s’était encore passé quelque chose.
*C’est pas vrai… songea Mat désespérée. Encore ? Mais qu’est ce qui se passe dans ce foutu bahut ?*
Une jeune fille se détacha du troupeau et s’approcha d’elles, tremblante, les larmes aux yeux.
« Nani !! S’exclama Sylvie, bouleversée par l’état dans lequel était son amie. Ca va pas ?
- C’est… c’est horrible…balbutia Nina. Un tueur… il est encore… encore la… »
Mat sentit les battements de son cœur s’accélérer. Un frisson parcourut son échine, tel un avertissement. Pourtant, elle s’avança quand même pour voir ce qui se passait vraiment. Puis recula.
« Non… Pas encore… »
C’est alors que le CPE des premières vint et dispersa les élèves. Un policier à l’intérieur du bureau masqua le tableau blanc, à la grande confusion de Sylvie.
« Qu’est ce qu’il a le tableau ? » demanda t elle, inquiète.
Jade se tourna vers Mathilde, l’ongle du pouce entre ses dents. Nina tenta de reprendre un peu d’assurance, mais elle ne pouvait s’empêcher de trembler. Sylvie passa son bras autour de ses épaules pour la rassurer, puis jeta un regard interrogateur à la seule personne capable de les éclairer.
« KILL. Ecrit en lettres de sang. »
Finit par dire Mat, la voix vibrante d’une émotion que ses amies ne connaissaient pas chez elle, et qu’elles n’arrivaient pas à définir. Mais elles savaient tous une chose : toutes avaient peur.

« Angel will fall… »
Fredonna une personne cachée dans l’ombre. Un sourire sadique aux lèvres, il observait ses proies. Ses anges comme il les appelait.
« Angel will fall first… »


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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 21 Avr - 19:15

Chapitre deux : L’attente




« Le lycée ferme ses portes. »
La nouvelle tomba un peu plus tard, au milieu d’une cour bondée mais pourtant parfaitement silencieuse. Les élèves et leurs parents, arrivés en catastrophe après un coup de fil du lycée, écoutaient le discours du proviseur en manifestant quelques signes d’impatience.
A la fin, Mat se tourna vers ses amis.
« Bon… On se quitte la alors…
- Tu vas conduire ? demanda Maureen en souriant, une amie en première S. Tu m’appelles quand tu quittes Quimper, que je rentre chez moi en toute sécurité. »
Tous sourirent, un peu plus détendus maintenant qu’ils allaient rentrer chez eux. Sylvie s’accrocha au bras de Maurin.
« Ey Momo, tu me ramènes ?
- Ca va pas non ? riposta la concernée. Ca serait encore plus dangereux !!
- Mais quelle bande d’insouciants beatniks ! » s’exclama Jade catastrophée. Elles éclatèrent de rire. Puis chacune rejoignit ses parents, en se promettant de se revoir le soir même sur MSN (sauf Maurin qui affirma avec force qu’elle ne viendrait pas pour préserver sa santé mentale)

Une fois dans la voiture, Mat alluma la radio. Son père la ramenait chez eux avant de retourner au travail, mais elle n’avait vraiment pas envie de rentrer. La tête posée contre la vitre, elle ferma les yeux et laissa son esprit divaguer.
« La série noire continue dans les lycées. Le premier meurtre a eu lieu il y a 15 jours dans un lycée italien. Depuis, le tueur se serait déplacé jusque dans l’Ouest de la Bretagne. Ce matin même, au lycée Cornouaille, une jeune fille a été retrouvée… »
Mat rouvrit les yeux. Elle n’était même pas surprise. Elle tourna la tête vers son père, puis ferma à nouveau les yeux.
*Fatiguée…*
Une sonnerie retentit dans l’habitacle de la Citroën. La jeune fille lut le numéro qui s’afficha sur l’écran de son téléphone, puis prit l’appel.
« Oui, maman ? Non, tout va bien. On va bientôt arriver. Oui c’est ça. A tout de suite. »
Elle raccrocha, puis resta là à fixer son portable.
« Il fallait que ça tombe sur nous, encore ! »
Murmura t elle rageusement.

Une semaine passa dans un calme inquiétant. Les meurtres avaient cessé dès la fermeture des lycées. Déjà il était question de reprendre les cours normalement, surtout que le tueur semblait s’être déplacé en Angleterre, ajoutant de nouvelles victimes au bilan déjà trop lourd.
Sur MSN, Jérémy, Mat et Maurin discutaient justement de ça. Jérémy était un ancien élève de Cornouaille, mais il avait du déménager en début d’année et habitait désormais dans le Nord Finistère. C’était un très bon ami de Mat et Maureen

Mat : « On peut retourner au lycée demain ^^. Mais mes parents veulent pas que je rentre à l’internat. Sont fous :p »

Maurin : « C’est toi qu’es fou ! »

Jérémy : « Ils ont peur, c’est normal ! »

Maurin : « Nan ! »

Mat : « Tais toi Momo Fred. De toute façon, Gaëlle et Elise n’ont pas le droit non plus de dormir au lycée. »

Maurin : « Les dégonflées »

Jérémy : « Ca s’appelle prudence ! Veux pas qu’il vous arrive quelque chose. »

Maurin : « T’es chou :p »

Mat : « Momo, tu viens demain ? »

Maurin : « Sais pas. »

Jérémy : « Ouh la dégonflée !! »

Maurin : « Nan c’est toi ! »

Jérémy : « Nan parce que moi demain je retourne en cours. Cassé !!! »

Maurin : « Naaaaaaaaaaan !!! »

Mat : « Et paf dans ta te-tê Momo !! »


* * *


La mélodie harmonieuse de l’eau ruisselant sur la peau d’une jeune femme, une nuit ou la lune brille de tout son éclat, perdue au milieu d’une clairière perçant l’immense forêt noire reste un instant inoubliable presque magique. Et sentir ses tendons délicats se ployer, entendre chaque craquement de ses os se brisant un à un, ne plus percevoir que cet ultime souffle de vie s’échapper de ses lèvres entre ouvertes alors que les siennes effleuraient tendrement sa gorge et que ses mains se livraient à une dernière caresse du corps défaillant, toutes ces petites choses l’enivraient et le rendaient fou.
Puis la Mort vint chercher l’âme déjà enfuie. Il resta un long moment à observer le corps sans vie de la femme. Celle-ci encore l’avait laissé insatisfait.

* * *


Jade arriva au lycée avec Maurin quelques minutes avant la sonnerie, le lendemain matin. L’aquarium n’était pas aussi rempli que d’habitude. Mat s’était endormie sur la table, Camille jouait avec son portable et Sylvie dessinait.
Jade posa son sac et lança un « Bonjour ! » général presque joyeux.
« Salut ! » Lui répondit Maurin.
Jade soupira.
« Mais franchement ! Tu viens d’arriver avec moi, tu crois pas que c’est à toi que je cause non ?
- Oui mais moi si ! répliqua finement la scientifique
- C’est cool que vous soyez en pleine forme vous deux. » intervint Mat avec un sourire amusé aux lèvres, alors réveillée par le bruit.
Le reste de la conversation fut orienté sur le calme de la semaine, et l’ennui qui en avait résulté. Mais pour Sylvie et Mat, le tueur allait revenir en France maintenant que les lycées étaient ouverts. Pour Maurin, tout allait bien se passer (contradictoire jusqu’au bout). Jade et Camille hésitaient.
Sur ce Julien, un des seuls garçons de la bande, entra dans l’aquarium.
« Salut tout le monde. »
Il s’assit sur une table et prit le débat en cours de route, lui aussi assez perplexe sur le fait que l’assassin pouvait revenir. (Un partisan de Momo !!) Mat finit quand même par faire remarquer :
« Mais vous ne vous en êtes pas rendu compte ? Cornouaille est le seul lycée ou il a laissé des messages !
- « Il » ? s’étonna Sylvie, tournant la tête vers son amie. Pourquoi pas elle ? Je suis contre cette discrimination !! Ca peut très bien être une femme ! »
Mat baissa la tête, les joues en feu. Julien regarda sa montre.
« Ouais bon là, c’est un peu l’heure d’aller en cours… »
Grognement général.

Les Terminales 1 n’étaient que sept en cours, en comptant la prof de philo.
Maureen se retrouvait avec seulement deux autres gars de sa classe.
Une dizaine d’élève étaient présents en Première 2.
Dans ce lycée comptant habituellement mille élèves, à peine une centaine avaient eu le courage de venir. Même le proviseur avait préféré rester chez lui, et cela pouvait aisément se comprendre. Le souvenir des évènements planait encore, ombre menaçante qui s’insinuait dans chaque recoin du bâtiment. La peur était omniprésente. Car même si beaucoup ne voulaient se l’avouer, tous pressentaient son retour…

Mat sortit la première de la salle à la sonnerie. Elle percuta Mr Naze, un autre professeur de philo.
« Pa… pardon !! »
Elle recula de quelques pas et bouscula alors Julien.
« Oups, désolée ! »
Elle se faufila dans le couloir et manqua encore de rentrer dans un professeur non identifié.
* Kyaaaaaaaaaaaaa !!! Trop dangereux ici, je me barre !!*
Elle rit silencieusement, puis arriva dans le préau. Sans trop savoir pourquoi, elle se dirigea d’abord vers la cour. Une fois à l’air libre, elle leva la tête et ferma les yeux, savourant la caresse de l’air frais sur sa peau. Elle oublia pendant un instant ses pensées si noires, qui ne la quittaient plus depuis déjà quelques temps.
Mais cela ne dura qu’un temps. L’adolescente soupira, replaça son sac correctement sur son épaule, puis retourna dans le préau pour arriver dans l’aquarium. Mais à peine entrée, Camille se jeta dans ses bras.
« Malite !!! Tu es là !! »
Mat se cogna contre l’armoire, emportée dans son élan.
« Mais c’est ma journée aujourd’hui !! Fais att…. Euh Cam ? »
Elle venait de se rendre compte de l’état de son amie. Celle-ci tremblait de peur, elle semblait sur le point de pleurer. Mat sentit son cœur se serrer. Ses bras entourèrent Camille dans une étreinte protectrice et apaisante. Jade, Sylvie, Julien et Maurin entrèrent à ce moment.
« Qu’est ce qui se passe ?? »
S’exclamèrent tous en chœur. Personne n’osa rajouter « encore »

Lui l’avait pensé. C’était sa deuxième sa deuxième vraie rencontre avec une... Bien sûr moins marquante que la première, mais tout aussi importante à ses yeux. L’avait elle remarqué ?

« J’ai trouvé ça dans la salle. » murmura Camille, un peu remise de ses émotions. Elle tendit une enveloppe. Ce fut Julien qui s’en saisit. Il en sortit une lettre….

L’excitation montait en lui au fur et à mesure que les secondes passaient. Bientôt, tous sauraient, et il pourrait commencer… Il passa index sur le fil de la lame… Une goutte de sang perla…

Julien tendit la lettre à Maureen, qui la parcourut rapidement, le visage de plus en plus pale. Elle la laissa tomber sur la table. Sylvie et Jade s’en saisirent en même temps, lurent. Leurs regards se tournèrent vers Mat, puis vers Maurin, Puis vers Julien, puis vers Camille, et enfin l’une envers l’autre.

Un étrange sourire se dessina sur ses lèvres. Il passa derrière le comptoir, enjambant le corps d’un homme, et s’approcha du micro.

Mat ne comprenait pas tout, et ne faisait d’ailleurs rien pour comprendre. Elle se détacha de Camille et prit quand même la lettre à son tour. Sa main tremblait de rage au fur et à mesure qu’elle découvrait chaque mot couché sur le papier.
« I know you, and you know me. Pour la plupart d’entre vous, nous n’avons fait que nous croiser...
Angel, my angel, have you guessed who I am? »

Il appuya sur le bouton du micro, toujours ce sourire inquiétant aux lèvres. Un sanglot le distrait à ce moment. Il tourna la tête vers la surveillante prostrée dans un coin du bureau, à côté des casiers. Il posa un doigt sur ses lèvres.
« Shhhh…. »
Mais elle ne pouvait pas se calmer, pas après ça. Et ça l’agaçait.
Un sifflement, suivi d’un bruit mat. La lame du sabre s’était profondément enfoncée dans la gorge de la femme. Un flot de sang jaillit lorsqu’il retira l’arme.
« Que Dieu ai pitié de ton âme. »

Mat froissa le bout de papier et le jeta à terre, le visage marqué par le sentiment de rage impuissante qui grandissait en elle depuis le début des évènements. Julien se baissa pour récupérer la feuille.
« Ey fais gaffe ! Ca peut être une preuve super importante ! »
Jade sortit son portable et commença à pianoter nerveusement sur les touches.
« J’appelle mon père. On est trop mal barré. »
Elle colla le téléphone à son oreille et attendit. Les autres la regardaient anxieusement.
« P… pas de tonalité !! »
Et c’était pareil pour tous.

Ding-dong
« Tous les élèves sont attendus au premier étage, salle 119. Ne vous promenez pas seul dans les couloirs surtout. Je répète, salle 119, accompagné.

Les aquarionautes avaient entendu le message et se dirigeaient donc vers ladite salle. En chemin, ils eurent l’agréable surprise de retrouver Léna, arrivée en retard à la suite d’une « panne de réveil », mais désormais présente. Elle regretta déjà d’être venu quand les autres lui relatèrent l’épisode de la lettre.
« Euh… Vous pensez que je suis dans le coup ? » Demanda t elle d’une voix peu assurée.
Julien haussa les épaules.
« Ca dépend. Ca te dit quelque chose un mec ou une femme bizarre ? »
Léna réfléchit. Elle était adossée à la porte de la salle 119, son sac à ses pieds. Elle finit par se rendre à l’évidence : elle n’en savait trop rien. Jade prit la parole.
« Ouais d’ailleurs ! C’est pas par là qu’on devrait commencer ? Qui a rencontré une personne vraiment étrange ?
- A propos d’étrange, lança Maureen, vous trouvez pas qu’on est un peu tout seul ? Enfin je dis ça comme ça, paniquez pas trop. »
Mat acquiesça, l’air soucieuse.
« Ca m’inquiète depuis un moment. Il n’y a ni élèves, ni professeurs, ni pions… Juste nous.
- Moi je me demandais pourquoi la salle 119 » Renchérit Camille.
Julien sursauta. Il posa sa main sur la poignée de la porte et l’abaissa une fois que Léna se fût écarté. La salle était vide.


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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 21 Avr - 19:17

Chapitre trois : la chasse



Maureen, Camille et Mat avaient décidé de redescendre au bureau des CPE pour éclaircir l’affaire du message diffusé par les hauts parleurs. La première chose qui les choqua fut l’absence de lumière dans le préau, la cause étant que les rideaux de fer avaient été baissés, les emprisonnant dans le lycée. Maureen se précipita directement à la porte de l’aquarium.
« Mais qu’est ce que tu fais ? Lui demanda Camille qui la rejoignit très vite.
- On est enfermé !! Et y a pas trente six moyens de s’échapper… les fenêtres ! »
Mat s’était quand à elle dirigée vers le bureau de la vie scolaire et tentait d’ouvrir la porte.
« Fermé. »
Elle lança un regard dépité à Maurin, qui secoua la tête.
« Pareil. »

Ding-dong.
« Angel, my dear angel, have you guessed who I am? »
Les trios filles tournèrent la tête vers le bureau. Mat, toujours devant la porte, recula, horrifiée.
Les deux autres virent une silhouette se profiler derrière la vitre. Elles entendirent le bruit de la clé tournant dans la serrure…
« Courez ! »
Cria tout à coup Mat. Elle s’engouffra dans le couloir à sa gauche. Camille et Maureen s’étaient enfuies dans l’autre sens.
Arrivée à la moitié de l’escalier, Mat dérapa. Son genou droit heurta violemment la marche supérieure, lui arrachant un gémissement de douleur. Mais elle n’avait pas le temps de se reposer, non pas maintenant…
Enfin elle atteint la porte du premier étage et s’arrêta quelques secondes, le souffle court, une main posée sur son genou douloureux. Un bruit désagréable lui parvint aux oreilles, une sorte de grincement. Acier frotté contre la barre métallique de l’escalier. C’était elle qu’il avait suivie. Elle jura.
La jeune fille ouvrit violemment la porte et courut vers ses amis. Maurin et Cam arrivaient juste.
« On bouge ! »
Ordonna Mat. Personne ne vint la contredire, l’expression de son visage était assez éloquente.

Le bâtiment où se trouvent les aquarionautes et le tueur est ainsi disposé.
Un sous sol, avec deux possibilités de sorties : le foyer côté bois et la salle d’arts plastiques côté gymnase.
Le rez-de-chaussée, constitué du préau, des différents bureaux administratifs (inaccessible à cause des rideaux de fers sauf la vie scolaire), d’un couloir partant du préau ou se trouve les salles de classe, avec un escalier à son milieu et à son extrême. Par là ou s’est enfuie Mat, un petit bout de couloir qui aboutit à une porte (fermée) ou alors à l’ escalier. Un ascenseur est disponible dehors, donc impossible d’accès pour l’instant du rez-de-chaussée.
Les escaliers emmènent donc au premier et second étage, là ou est disponible l’ascenseur.
Le premier étage n’est qu’un grand couloir, non coupé en deux par une porte comme c’est le cas pour le second.
Enfin, les salles de classe disposent de deux portes donnant sur les couloirs, certaines du second étage en ayant même une troisième pour communiquer avec une salle adjacente.



*C’est pas vrai ! Mais c’est pas vrai ! Trois escaliers, trois, et il prend le même que nous !*
Songea Jade paniquée en percevant le grincement de la porte du premier étage. Les Aquarionautes avaient pourtant pris l’escalier du milieu avant que l’inconnu n’arrive dans le couloir, donc ne puisse les voir. Et il était déjà sur leurs pas. Même si elle ignorait son apparence, du moins le croyait elle, elle s’imaginait déjà le sourire qui devait flotter sur ses lèvres, l’éclat amusé de ses yeux… La peur s’empara d’elle, elle s’arrêta sans prévenir, jambes flageolantes.
« Ah non ! C’est pas le moment de paniquer Jade !! » S’exclama Mat qui venait derrière. Elle la prit par la main et la força à continuer.
Julien avait opté pour la partie SVT du couloir, donc la partie la plus éloignée du préau. Maurin, Camille et Léna le talonnaient. Sylvie s’était arrêtée pour attendre Jade et Mat. Mais quand celles-ci arrivèrent enfin à son niveau, les quatre autres avaient déjà disparu.
« On va par là ! Leur ordonna Sylvie.
- Côté physique ? s’étonna Mat. Mais… »
Un grand bruit la fit sursauter. Elle ne se posa pas plus de question.

Le couloir était désert lorsqu’il arriva, seulement quelques secondes plus tard. Cela le surprit, mais aussi le fit sourire.
« Rapides. »
Apprécia t il. Il redescendit.

Camille, Julien, Léna et Maureen avaient songé au foyer et à la salle d’arts plastiques, au sous-sol. Deux sorties potentielles… et surtout inaccessibles.
Julien donna un violent coup de poing dans la porte.
« Mais c’est pas possible ! L’enfoiré a tout fermé ! »
Les trois filles l’attendaient dans l’escalier. Léna surveillait derrière, espérant que les autres allaient vite les rejoindre. Camille s’approcha de Julien.
« Allez viens, ça ne sert à rien de s’acharner sur la porte, lui fit elle remarquer gentiment. Et puis si ce malade se pointe, on n’aura aucun moyen de s’échapper.
- Alors ou va-t-on ? Voulut savoir Maureen. On cherche une autre sortie ? »
Julien fit claquer ses doigts, un sourire triomphant aux lèvres.
« Mais oui ! On tente les fenêtres du rez-de-chaussée, celles de l’aqua !!
- Déjà tenté, répliqua Maureen en secouant la tête, l’air sombre.
- Pas grave, il reste les salles de perm et de cours. »
Le jeune homme se voulait encourageant. Dans un moment aussi critique, perdre espoir était le meilleur moyen de perdre la partie.

Sylvie soupira de soulagement.
« Sauvées. » Murmura t elle aux deux autres en s’éloignant de la porte.
Les trois amies avaient très vite compris qu’elles n’auraient jamais le temps d’atteindre l’escalier, elles s’étaient donc réfugiées dans la première salle de physique s’offrant à elles.
Jade s’écroula sur l’estrade où se trouvait le bureau du professeur. Sa tension venait de chuter brusquement avec l’envolement de tout ce stress accumulé. Sylvie la rejoignit, inquiète.
« Hey, ça va pas ?
- Si si… soulagée. »
Sylvie acquiesça, l’air grave.
« C’est vrai, mais on n’est pas sortie de l’auberge… espagnol. »
Jade tenta un sourire, pitoyablement raté.
« Nom de… » Souffla une voix à côté d’elles. Les deux filles tournèrent la tête.
Mat se tenait debout devant la fenêtre, le visage livide, les mains tremblantes, les larmes perlant au coin de ses yeux, ne cessant de faire « non » de la tête. Jamais encore, pas même au cours de cette dernière heure, Sylvie et Jade ne l’avaient vu ainsi. Elles prirent peur à leur tour.
« Malite ? Qu’est ce qu’il y a ? »
Celle-ci ne répondit pas. Elle semblait complètement hypnotisée par une chose derrière la fenêtre que ses amies ne voyaient pas. Sylvie s’approcha et jeta un coup d’œil quand même. Ce qu’elle vit l’étonna tellement qu’elle laissa échapper une exclamation de surprise.
Jade n’aimant pas ne pas comprendre, elle vint voir ce qui se passait à son tour.
« Attends mais… C’est qui celui là ?! » S’exclama la jeune fille en désignant l’homme planté dans la cour. Elle n’aurait pas été plus surprise si elle avait vu un Vénusien se poser sur le toit du lycée.
Même si elles ne le voyaient pas très bien, son apparence les marqua. Ses cheveux semblaient blancs sur le dessus pourtant leurs racines étaient noires. Il avait la peau mate mais une fine trace blanche partait du haut de sa tempe gauche jusqu’en bas de sa joue. Ses mains étaient enfoncées dans les poches de son pantalon de sport noir et il portait une veste à peu près blanche. Sylvie remarqua même qu’il portait des lunettes de soleil. Enfin, d’où elles se tenaient, elles estimaient sa taille à environ 1m90 / 2m.
L’homme regardait droit devant lui, c'est-à-dire vers le préau clos. Sylvie se tourna vers Mat, un peu hésitante sur la marche à suivre.
« Euh… Malite ? »
Celle-ci sursauta violemment, provoquant la stupeur de ses amies.
« Hey Mat ! Ca ne va pas ?! »
Mais elle ne l’écoutait pas. Jade posa sa main sur l’épaule de Sylvie.
« Regarde »Lui murmura t elle.
Sylvie regarda à nouveau par la fenêtre. Et là, elle comprit le pourquoi du comment de la réaction de Mat.
« Wow !! Mais… ! »
L’homme avait bougé. La tête levée, le regard fixe, il semblait les dévisager.
« C’est impossible qu’il nous voit, se rassura Sylvie en tentant de sourire. On est au deuxième étage. Il ne doit pas nous voir vraim… YAAAAAAAAAAA !!!!!! »
L’inconnu, comme pour la démentir, avait sorti une de ses mains de la poche de son pantalon. Il leva lentement le bras, les observant toujours. Son index se tendit dans leur direction. Puis il resta immobile, statue de glace de par son attitude et son expression.
Mat finit par réagir. Elle tira brusquement Sylvie et Jade en arrière, puis ferma les rideaux. Les deux autres ne comprenaient vraiment plus rien, elles la laissèrent faire sans dire un mot, un peu en retrait. Mat se tourna vers elles, encore très pale mais déterminée.
« Venez, il ne faut pas rester là. »
Elles hochèrent la tête, impressionnées par son attitude.
* Mais comment lui a-t-il pu sortir ?*
Se demandait Sylvie à juste titre.

L’autre groupe des Aquarionautes n’avait pas eu de chance… A peine arrivés dans le préau, ils avaient remarqué cette silhouette de géant se détacher sur fond de casiers, pile devant eux. Même si ils n’avaient pas eu le temps de brosser un portrait précis de l’agresseur, et de toute façon ils n’en auraient pas été capables vu que l’endroit était quasi plongé dans le noir, ils savaient déjà qu’il mesurait dans les 2 mètres, que ses cheveux étaient d’une couleur clair, qu’il portait des lunettes et que son visage était marqué par une cicatrice vu la trace blanche qui courait sur sa peau. Puis quelque chose frôla le bras de Camille, fendant l’air dans un sifflement.
« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!!!!!!!! »
Un hurlement de douleur. La chose s’était enfoncée dans la poitrine de Julien, heureusement à l’opposée du cœur. Un poignard.

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!!!!!!!! »
Jade, Sylvie et Mat étaient au niveau du premier étage quand elles entendirent le hurlement. Elles se précipitèrent au rez-de-chaussée.
Venant de l’escalier du milieu, elles arrivèrent derrière leurs amis. D’abord, elles virent l’homme. Sylvie et Jade frissonnèrent. Ensuite, le sang à leurs pieds. Mat fronça les sourcils. Enfin, Julien à terre. Les trois se retinrent de crier.
Sans hésiter plus longtemps, Jade et Mat saisirent Julien chacune par un bras et l’aidèrent à se relever. Sylvie s’avança un peu et interpella violemment la cause de tous leurs malheurs.
« Espèce de fou furieux ! Non mais ça vous amuse ce petit jeu sadique ? Vous vous croyez ou la ?! Dans un film d’horreur ?! »
Rendue furieuse par la blessure de Julien, Léna rejoignit Sylvie et hurla à son tour sur l’homme.
« Ca ne vous a pas suffit de tuer tous ces pauvres gens ? Faut en plus que vous vous amusiez à nous pourchasser dans tout le lycée ?! Non mais franchement, ça vous amène à quoi ?! »
Le silence retomba. Puis une voix grave s’éleva, les faisant tous sursauter.
« Est-ce que cela m’amuse… Je dirais que oui, sinon je ne serais pas là.
Un film d’horreur ? Bien sur que non. Je ne suis pas l’un de ses vulgaires tueurs boutonneux, mal dans leur peau ou en quête de vengeance.
Je ne comprends pas pourquoi je me satisferai de tous ces autres meurtres. N’avez-vous donc pas compris que vous avez toujours été mon seul but ?
Question suivante… Ah oui… Effectivement, il s’agit bien d’une chasse.
Et à quoi cela m’amène ? »
Le ton de sa voix se durcit, ses mots semblaient de glace. Camille s’accrocha au bras de Maureen. Sylvie et Léna reculèrent, déjà bien moins sûres d’elles.
Mat fit signe à Maureen de venir soutenir Julien à sa place. Celle-ci s’exécuta. En passant, elle lui demanda dans un murmure.
« Tu comptes faire quoi là ?
- Tu vas voir… » Répondit simplement la jeune fille, les yeux pétillants.
Puis elle s’avança vers le tueur. Un pas. Deux pas. Trois pas. Quatre pas. Sylvie la saisit par le bras pour la stopper, mais elle se dégagea en douceur en souriant gentiment.
« T’inquiète pas, je reviens. Promis. »
Et Mat continua. Elle s’arrêta environ à mi chemin entre l’homme et ses amis.
« Je sais que vous n’avez aucune raison d’accepter ma demande, mais s’il vous plait, pourriez vous nous laisser une heure ? »
L’homme haussa un sourcil, perplexe.
« Vous avez raison. Pourquoi accepterai je votre requête ? »
Mat resta silencieuse, un étrange sourire flottant sur ses lèvres. Leurs regards se rencontrèrent et se mêlèrent, encore une fois. Ils restèrent ainsi un long moment, yeux dans les yeux, à attendre de voir lequel des deux allait céder le premier.
Finalement, il sourit à son tour, puis inclina la tête une fois.
« D’accord. Une heure. »
Puis il se détourna et partit s’enfermer dans le bureau de la vie scolaire. Mat soupira de soulagement.


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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 21 Avr - 19:20

Chapitre quatre : Souvenirs souvenirs



Les Aquarionautes s’étaient installés dans la salle 116, au premier étage. Mat s’était assise au fond de la classe et ne disait plus un mot, les yeux fermés. Camille (future infirmière), nettoyait la blessure de Julien avec l’aide de Sylvie et Léna (surtout Léna en fait). Jade faisait les cent pas pour tenter de se calmer. Maurin surveillait la porte.

Pourquoi avait il accepté ? Il s’était surpris lui-même. Sa détermination lui avait plus, et il aimait toujours autant son regard…

Jade se planta devant Mat.
« C’était risqué de faire ça ! »
Mat rouvrit les yeux et se releva. Elle s’adossa au mur, les bras croisés.
« Peut être. En tout cas maintenant on est tranquille pendant un moment. »

Il sortit un cahier ou il était écrit « T1L » et l’ouvrit à la première page. La liste des élèves de la classe était agrafée au dos de la couverture. Il la parcourut rapidement, un stylo à la main.

Maureen, comprenant l’inutilité de sa surveillance, finit par abandonner son poste. Julien sortit la lettre de sa poche, observant Mat avec attention.
« Je crois qu’il est temps que tu nous expliques ce qui te lie à ce type. »
Elle inclina légèrement la tête sur le côté.
« Pardon ? »
Jade soupira.
« Arrête, on n’est pas stupide. On a bien vu que vous vous connaissiez. Il est très dur en même temps de ne pas s’en rendre compte. »

Il cocha les noms de Julien, Jade et Sylvie. Mais il ne trouvait plus le sien. Il reposa le cahier et se mit à fouiller dans le bureau à la recherche des photos de classe. Il finit par trouver son nom. L’homme s’adossa dans son fauteuil, les deux mains jointes. Sa langue passa sur ses lèvres.
« Mathilde… »

« Non. »
Répondit seulement Mat, apparemment surprise qu’ils aient pu songer ne serait ce qu’un seul instant à une telle hypothèse.
« Non ? Répéta un Julien abasourdi.
- Mais enfin puisque je vous le dis ! S’énerva Mat. Je l’ai bien aperçu une fois, mais je ne le connais pas !
- Tu l’as déjà vu ?! s’exclama Léna
- Euh moi aussi en même temps. » Intervint Sylvie.

Souvenir de Sylvie : Un vendredi soir à 17h50, Sylvie attendait son car. L’arrêt était situé face au lycée de Chaptal, et à cette heure la place était bondée. La pluie se mit à tomber, l’abri devint tout à coup le centre d’intérêt principal. Dans la bousculade, Sylvie fut projetée contre la vitre. Elle ferma les yeux et attendit le choc, qui ne fut pas ce qu’elle attendait. Surprise de ne pas s’être fait aussi mal, elle leva la tête et dévisagea l’homme qu’elle venait de percuter. Il était grand, très grand. Il semblait ne rien avoir ressenti d’ailleurs. Sylvie balbutia quelques excuses tout de même.
« Ce n’est rien » lui répondit il en baissant les yeux vers elle. De magnifiques yeux verts par ailleurs, cerclés par des lunettes. C’est le seul détail de cet homme que Sylvie retint.


Camille écouta attentivement l’histoire de Sylvie. Cela lui rappelait quelque chose. Elle s’exclama.
« Mais oui, je m’en souviens aussi ! »

Souvenir de Camille : Presque un an auparavant, alors que Camille et son petit ami passaient la soirée en boite (de nuit je précise), une bagarre éclata entre plusieurs clients à l’ébriété assez avancée. Julien avait préféré partir, il n’avait aucune envie que Camille ne soit blessée (cela se comprend). Ils arrivèrent à la voiture, et là (c’est le drame), Julien comprit qu’il avait réussi à égarer ses clés. Un homme les interpella alors : il venait justement de retrouver un trousseau de clés et en recherchait le propriétaire. La première chose qui marqua Camille, ce fut la taille de cet homme, la seconde la cicatrice qui parcourait son visage.


Julien hocha la tête plusieurs fois. Lui aussi avait déjà rencontré quelqu’un comme ça.

Souvenir de Julien : Un mercredi après-midi après l’audio visuel, Julien avait décidé de se rendre à Dites 33, le magasin de manga et bandes dessinés. Il trouva un article plutôt intéressant, mais par manque de fonds, il dut se résoudre à la reposer en soupirant. Un bras passa juste au dessus de son épaule pour saisir la BD, le faisant sursauter. Il se tourna et tomba « nez à nez » avec un géant. Ce dernier sourit.
« Excusez moi, ce n’était pas dans mon intention de vous effrayer.
- Y… Y a pas de mal. »
Julien s’écarta. Cet homme n’était pas net.


Léna frissonna. Elle ferma un instant les yeux et se souvint.
« Oui c’est vrai… Mais je ne pensais pas que… »

Souvenir de Léna : Elle l’avait croisé un lundi matin, l’une des rares fois ou elle n’avait pas pu aller à l’internat le dimanche. La jeune fille remontait le bois, traînant son lourd sac derrière elle ; lui le descendait, les mains dans les poches de son long manteau gris et les yeux fermés… Lorsqu’ils s’étaient croisés, un sourire s’était dessiné sur ses lèvres, le sourire d’un chasseur. Léna avait pressé le pas. Puis elle avait tout fait pour ne pas y repenser.


Jade avait repris sa marche censée la calmer. Elle regarda Maureen, qui elle-même regardait Jade.

Souvenir de Maureen et Jade : Ce jour là, Jade et Maureen avaient passé la journée ensemble en ville. C’était une froide de journée d’hiver et elles pensaient rentrer tôt. La nuit tomba vers les 17h30, et les rues furent alors illuminés par les décorations scintillantes de Noyel. Et finalement, elles décidèrent de rester encore un peu.
Les deux amies se promenaient le long de l’Odet, discutant du Nouvel an désormais proche. En passant devant Cache Cache, un objet non identifié fila sous leurs yeux, à un centimètre à peine de leurs visages. Un grand bruit de vitre brisée s’ensuivit : la vitrine du magasin de vêtements venait de voler en éclat. Un petit sabre s’était planté dans une pile de T-Shirt, la lame encore vibrante.
Le soir même, les deux trouvaient une lettre chez elles. « Angel »


Mat sourit malgré elle.
« Et après on dit que c’est moi qui ai eu le plus affaire à lui. Y a pas un problème dans votre raisonnement ?
- Peut être… Mais t’as pas vu ta tête lorsque tu l’as vu ! se défendit Jade.
- De quoi tu parles la ?
- Tu avais l’air terrorisée, intervint Sylvie. Comme si tu venais de voir un prof de maths.
- Euh… C’est un peu gros comme comparaison, dit Maureen.
- Mais ce n’est pas vrai ! S’énerva Mat. Je suis même allée lui parler !
- On te parle de lorsque tu l’as vu dehors, en salle de physique. Alors ? » demanda Jade, triomphante.
Mat pâlit.
« Mais c’est pas… »
Maureen se rapprocha de Jade. Julien se releva et s’assit sur une table, près de la fenêtre. Camille resta assise au bord de l’estrade. Mat soupira
« Oh et puis zut. Voila comment j’ai rencontré ce type ! »

Souvenir de Mat : Dans un gymnase, lors d’une compétition de judo. C’était à son tour de combattre, mais comme d’habitude la motivation n’était pas au rendez vous. Elle salua son adversaire, une fille au regard meurtrier, et songea : * Mais qu’est ce que je fous là moi ?*
En se redressant, son regard croisa celui d’un homme dans le public. Il la regardait fixement, l’air à la fois curieux et tenté. Elle fronça les sourcils, il sourit. Elle ne le revit pas à la fin du combat, pas plus que les semaines suivantes.


L’explication de Mat n’aida pas ses amis à mieux comprendre son attitude. Au contraire, ils avaient l’impression d’être encore plus perdu dans un labyrinthe meurtrier (et kafkaïen).
« Mais alors… tu ne le connais pas plus que nous ? demanda Sylvie en penchant légèrement la tête sur le côté.
- Ne serait ce pas ce que je répète depuis un quart d’heure ?
- Ca explique pourquoi il a accepté cette pause, réfléchit Camille. Les deux fois, cela s’est joué sur le regard.
- Faut croire que mes yeux ont quelque chose d’hypnotique, ironisa Mat d’un ton acide.
- Alors c’est quoi cette histoire de salle de physique ? » insista Maurin.
Mat détourna les yeux. Elle regarda sa montre et soupira.
« On a pas franchement beaucoup de temps non ? On ferait mieux de chercher comment sortir de ce « jeu » avant que ça soit échec et mat.
- D’accord avec elle ! s’exclama Julien tout à coup réveillé. J’y ai beaucoup réfléchi et…
- Ah non Julien, le coupa Sylvie.
- Quoi Ah non ?! reprit le jeune homme. Tu as l’intention de rester ici peut être ? »
Sylvie fit signe que non de la tête.
« Ce que je veux dire, c’est que tu es incapable de penser, alors beaucoup réfléchir… »
Mat n’écoutait plus. Les yeux rivés vers le sol, elle tentait désespérément d’échapper au flot de souvenirs venu envahir son esprit. Cet après midi là, dans cette ruelle…

***

Une heure, cela passe lentement si on est en cours de littérature. Par contre, le temps s’écoulera beaucoup plus vite lorsqu’on est sur le point de mourir (vous n’avez qu’à essayer et vous verrez à quel point c’est vrai.)
Il ne leur restait désormais plus que dix minutes pour espérer s’en sortir indemne. Enfin, il aurait du leur rester ces dix minutes. En tout, il ne devait plus que leur rester 30 secondes…
Mais comment cela avait il pu arriver ? Ils étaient sortis de la salle, prenant le soin d’emporter une chaise avec eux pour réaliser le plan très simple de Julien : briser une fenêtre et s’enfuir. Ils étaient descendus par l’escalier du milieu – leur favori – et avaient atteint la porte vitrée au rez de chaussée, donnant sur la cour. Mat et Jade avaient encore descendu quelques marches ; Sylvie, Léna et Maurin étaient remontées un peu ; Julien s’était saisi de la chaise par le dossier et là (c’est encore le drame) les évènements s’enchaînèrent trop vite pour qu’ils puissent réagir.
Au moment de balancer les pieds de la chaise dans la vitre pour qu’elle explose, un hurlement stoppa le jeune homme dans son élan. Il fut suivi par un bruit de chute : Jade venait d’être projeté en bas de l’escalier, contre la porte du sous sol.
Les trois jeunes filles un peu plus haut n’eurent pas le temps de faire un seul mouvement, on les y aida. Elles atterrirent toutes les trois sur Julien, qui déséquilibré tomba au sol. Une lame se planta dans le mur, juste à l’endroit ou se trouvait son œil droit deux secondes auparavant.
Mat était la seule encore debout. Un peu désorientée, ne sachant pas trop quoi faire, elle monta les quelques marches qui la séparaient de ses amis, mais une fois sur le palier elle se tourna vers Jade, se rappelant brusquement de sa présence. Une main surgit, la saisissant à la gorge et la plaqua contre le mur. Un peu étourdi, elle finit par se rendre compte avec horreur que son agresseur, et celui de Jade, n’était autre que l’homme au teint mat et à la cicatrice.

Dans d’autres circonstances, Maureen se serait écriée :
« Ca y est, j’ai tout compris ! »
Ce n’était pas forcément un exploit d’ailleurs, du fait de sa position. A coté d’elle, Mat et la main d’un homme l’étranglant. En face, un second homme, un sabre dans chaque main.
L’un était blond, l’autre avait les cheveux blancs.
L’un avait la peau blanche, l’autre le teint mat.
L’un avait une grande cicatrice sur la joue droite, l’autre arborait une fine cicatrice qui partait de sa tempe gauche jusqu’au bas de sa joue.
L’un avait des yeux verts cerclés par des lunettes, l’autre portait des verres solaires.
C’est vrai, tous deux mesuraient dans les deux mètres, ce qui expliquait que dans l’ombre, on ait pu les confondre.
Mais le premier souriait, l’autre non.

Sylvie se releva et regarda la scène, un peu totalement perdue. L’homme au teint mat prit la parole. Il s’adressa au tueur d’une voix neutre.
« Qui êtes vous ? »
Il ne quitta pas Mat des yeux pour autant, bien que celle-ci ne désirait que cela. Son regard la terrifiait vraiment.
L’homme blond s’avança un peu, jusqu’au bord des marches.
« Alexander. Et vous ? »
- On m’appelle Ethan. »
Répondit il, consentant enfin à tourner la tête vers Alexander. Les deux hommes s’observèrent en silence, chacun jugeant celui qui, peut être, allait devenir un ennemi potentiel.
« Vous empiétez sur mon terrain de chasse, finit par dire Alexander d’une voix ou perçait l’amusement.
- Je pourrais vous retourner votre remarque » répliqua Ethan sans rire.
Alexander ne cacha pas son étonnement.
« Vous êtes aussi…
- Je ne suis pas du tout intéressé par ces enfants, si c’est cela qui vous inquiète. Vous pouvez faire ce que vous en voulez, cela ne me concerne pas. Par contre, je lui ai juré que la prochaine fois qu’on se verrait, je la tuerais. »
Expliqua Ethan d’une voix neutre en désignant Mat de la tête. Alexander dévisagea la jeune fille, une lueur étrange dansant au fond de ses yeux vert émeraude. Elle soutint son regard de dégénéré, mais elle n’en menait pas large à vrai dire. La langue d’Alexander passa furtivement sur ses lèvres, un frisson d’horreur parcourut la colonne vertébrale de Mat.
*Aya ! Un psychopathe pervers !! Mais c’est pas possible, on est vendredi 13 ou quoi ?? Bon, là franchement, si je m’en sors… Je jure de ranger ma chambre tous les jours ! *

Dans le même temps, en bas de l’escalier, Jade revenait lentement à elle. Encore sonnée, elle ne comprenait pas la moitié de ce qu’il se passait au dessus d’elle, mais elle avait saisi l’essentiel : danger.
Il lui fallu un petit moment pour récupérer le total contrôle de son corps. Le choc avait été plus violent que ce qu’elle aurait pu s’imaginer, mais déjà le brouillard s’estompait, et elle pouvait distinguer le dos de Ethan droit devant elle, ainsi que la mine horrifiée de Mat, qui semblait voir quelque chose d’invisible aux yeux de Jade, et enfin les quatre autres toujours au sol. Ensuite elle entendit une deuxième voix, celle d’un homme, qui s’adressait à l’agresseur de Mat, et la réponse de celui-ci. Jade sursauta, de la sueur perla sur son front.
* Ils sont… deux ?! Mais c’est vraiment pas juste !! *
Songea t elle indignée

Il y en avait un qui n’était pas du tout indigné, mais que tout cela amusait plutôt. Pour Alexander, c’était une aubaine de trouver un autre « chasseur » que lui, pour la même proie. Il descendit de quelques marches.
« Alors vous en voulez à l’un de mes anges. Votre présence en ces lieux explique bien des choses, comme cet oiseau lancé du haut d’un toit… C’était bien vous, n’est ce pas ? »
Ethan hocha la tête.
« Mais il n’était destiné qu’à Mat. »
L’intéressée tentait pendant ce temps de se dégager de son étreinte meurtrière. Alexander l’observait avec amusement et sadisme.
« Mais je ne comprends pas ce qu’elle a de particulier à vos yeux… »
Mat commençait à désespérer. En plus d’être plus grand qu’elle, Ethan était au moins trois fois plus fort qu’elle. Enfin, ça, elle le savait depuis un moment déjà.
« Espèce de… Mais vous allez me lâcher bordel ?! »
Ethan raffermit sa prise, les yeux baissés vers le sol.
« Je te l’avais pourtant dis. Cette fois, je ne m’arrêterais pas. »
Murmura l’homme, comme si il s’excusait.


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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 21 Avr - 19:23

Chapitre cinq : Ethan


La ville de Quimper n’offre pas un très grand intérêt, sauf peut être pour les touristes en mal du pays breton. Un passé pas très intéressant, une cathédrale toujours en rénovation, un petit train pour faire le tour de la ville, aucun monument important, une école des Beaux Arts, une ou deux universités pas si mal que ça… Non vraiment, ce n’était pas pour toutes ces choses que Ethan avait prit la peine de venir. C’était simplement une histoire de meurtre.
De son passé, Ethan n’en parlait jamais. De ses souvenirs ne revenait toujours qu’une silhouette, plutôt floue. De ses pensées ne ressortait que cette idée : vengeance. Mais ceci est une autre histoire, qui aujourd’hui ne nous concerne pas.
Ethan était donc venu en ville à la recherche d’un homme, un dealer, responsable de la mort d’un jeune adolescent. Mais pourquoi Ethan prenait il un soin tout particulier à venger sa mort ? Il ne le connaissait pas, il ne faisait pas parti de sa famille, ce n’était même pas un ami de ses amis. Ils s’étaient juste croisés un mercredi matin, dans un parc, et ils avaient tout deux discuté de choses et d’autres. Etait ce une raison suffisante ? Ethan n’en savait rien, et après tout il n’en avait rien à faire. Quelque chose lui disait qu’il lui fallait le faire…

C’était un mercredi après midi, jour de sortie pour les internes de Cornouaille. Mat et Elise étaient descendues en ville dans les environs de 14heures, comme à leur habitude, en parlant de choses et d’autres comme le futur assassinat d’un certain professeur d’ACC. C’était donc un jour comme les autres.
Mat s’arrêta d’abord à Dites 33, la boutique de manga, puis elles firent une pause goûter à la boulangerie de la Mie Câline pour reprendre des forces. C’est à ce moment que le portable d’Elise sonna. Elle le sortit de son sac et appuya sur une touche pour ouvrir la petite enveloppe qui clignotait sur son écran.
« Eyh ! C’est Gali ! Elle ne peut pas venir, mais elle demande si on peut lui ramener un pain au chocolat.
- Ca c’est du timing, dit Mat en riant. Et puis là, on va rentrer non ? elle l’aura tout chaud !
- Oui on va rentrer. J’ai encore de l’éco à faire. Et toi je suis sur que t’as encore aucun devoir ! J’aurais vraiment du aller en L.
- Si si, j’ai… euh… des maths à faire ! Ah non j’ai plus maths depuis un an ! »
Un homme encapuchonné les bouscula. Il ne s’excusa même pas, apparemment trop pressé pour se rappeler des règles de base de la politesse.
« Mais pour qui il se prend celui la ?? Lança Elise énervée par cette attitude désinvolte.
- Y a des gens comme ça, et malheureusement ils ne sont pas rare… » Renchérit Mat, frottant son épaule douloureuse.
Comme pour confirmer ses dires, un second homme lui rentra dedans, presque un géant. Il commença à s’éloigner comme si de rien n’était, le regard fixe. Mat reprit son équilibre, puis elle se tourna vers l’homme, le poing levé.
« Non mais vous ne savez pas dire pardon ou quoi ?? Ca vous dit quelque chose la politesse ?? Ca n’a pas l’air ! »
Elle regretta un peu de s’être emportée, mais elle n’avait pas l’habitude de reculer devant ses actes. L’homme stoppa net, puis il tourna la tête vers elle. Mat soutint son regard dans une attitude de défi, les bras croisés.
« Sorry. »
Puis il continua son chemin. Elise et Mat se regardèrent, tout d’abord incrédules, puis réprimant difficilement leur fou rire.

Stephen Milor se savait suivi depuis qu’il avait quitté son appartement. La peur au ventre, les pensées confuses, les mains tremblantes et les dents qui s’entrechoquent… Oui, celui qui le pourchassait était dangereux, encore plus qu’il ne le paraissait.
Les mains enfoncées dans les poches de sa veste pour ne pas qu’on remarque son trouble, la capuche sur la tête et les yeux rivés vers le sol, courant presque pour ne pas se faire rattraper mais essayant de ne pas passer pour un homme en fuite, il se sentait dans la peau du cerf traqué par une meute de loups. Il ne s’excusa même pas lorsqu’il percuta deux jeunes filles, comme si cela pouvait le ralentir. Il finit par entrer dans une galerie marchande.

Ethan suivait l’homme au survêt depuis que celui-ci avait quitté son domicile. Complètement investi dans cette poursuite, il ne se rendit pas compte qu’il venait de bousculer une jeune fille, déjà heurtée précédemment par le dealer. Si celle-ci ne lui avait pas fait remarquer, il aurait passé son chemin sans un mot. Il tourna la tête vers elle, et fut surpris par la détermination qu’elle montrait, ainsi que son amie. Cela lui plut.
« Sorry. »
Puis il repartit.

Après leurs achats (à manger pour pouvoir survivre car comme dit le proverbe : « Le self ne nourrit pas, la Mie Câline si. »), Mat et Elise prirent le chemin du retour. La pluie commençait à tomber, aussi pour pouvoir arriver plus vite au lycée elles décidèrent de prendre un raccourci connu d’Elise…Qui ne réussit qu’à les égarer dans les rues de Quimper. Pour une fois que ce n’était pas de sa faute, Mat en profitait pour taquiner son amie.
« Et bah alors, je croyais que tu savais parfaitement ou on allait.
- Mais si, je suis sûre que c’est par là ! Euh… »
Mat mit sa main et visière et regarda tout autour d’elle.
« Ah bon ? Tu en es vraiment sûre ? Parce que je vois rien qui ressemble à la prison où on passe nos journées.
- Mais euh j’en ai marre !! C’est par là et je vais te le prouver !! »
Mat éclata de rire, tandis qu’Elise déterminée entrait dans la ruelle sombre qui s’offrait à elles.
Cette ruelle s’étendait bien sur 200 mètres : De chaque côté, un trottoir à peine suffisant pour une personne, une chaussée juste assez large pour laisser passer une petite voiture. Peu de lumière, les rayons du soleil n’arrivaient pas à s’infiltrer entre les toits trop serrés, et par un temps aussi orageux que celui-ci, on se serait cru en pleine nuit. Les façades des maisons étaient sales, tombant presque en ruines, comme si personne ne vivait dans ces lieux. La seule indication de la présence d’habitants était les poubelles de sortie sur les trottoirs.
Mat regarda Elise.
« J’ai quand même un doute moi.
- Mais non… Enfin si…. »
Répondit son amie en plissant les yeux pour mieux distinguer les lieux. Mat soupira.
« Ouais, c’est ce que je vois. Bon allez, en avant toute ! »
Clang ! Le bruit métallique les fit sursauter. Devant elles, un homme venait de percuter une poubelle. L’homme au survêt !
Ce dernier se releva et tenta de s’enfuir. Une main le saisit par le col et le renvoya dans les ordures. La silhouette de Ethan se détacha des ombres de la rue, menaçante et effrayante. Le dealer se releva une seconde fois et se plaqua contre le mur, les bras placés devant le visage.
« Attends… Attends mec ! Je sais que t’es furax parce que j’ai bousillé ton pote, mais je peux t’expliquer ! Tu veux quoi ? De la cam ? Du fric ? »
Ethan le dévisagea d’un air méprisant.
« Pitoyable créature. Rien ne peut racheter la faute que tu as commise. Seule ta mort pourra apporter un peu de paix à cette pauvre âme que tu as détruite. »
Un rire nerveux s’échappa des lèvres de Stephen.
« Et merde, je suis tombé sur un justicier.
- Je ne suis que l’exécuteur de ta sentence. » Le corrigea Ethan calmement d’une voix dure.
Elise tira Mat en arrière.
« Viens ! On ne doit pas rester là ! »
Murmura t elle, tendue. Mat acquiesça rapidement. Mais avant qu’elles n’aient pu faire un geste, elles virent le bras de Ethan s’élever lentement, la paume de sa main dirigée vers l’autre homme. Puis il ne bougea plus.
« Je te laisse une minute pour prier… »
Stephen Milor ouvrit grand les yeux. La bouche entre ouverte, les bras toujours placé devant le visage, il dévisageait Ethan comme si celui-ci était un extraterrestre.
Dans le silence qui s’installa dans la ruelle, nul n’osa parler, ni bouger. Mat et Elise étaient paralysées par la peur. Le dealer voulait s’enfuir, mais au moindre geste il savait qu’il se ferait tuer. Ethan comptait les secondes qui s’écoulaient lentement, dernier sursis de sa proie.
Enfin, le glas sonna. La main de Ethan fonça brusquement sur Stephen, à l’endroit où se trouvait son cœur. Un craquement écoeurant retentit, un flot de sang jaillit de la plaie béante qui s’ouvrit sur la poitrine de l’homme ; quelques gouttes de sang s’écrasèrent sur le visage du tueur. Le corps du dealer s’affaissa, sans vie, les yeux encore agrandis par la terreur.
Elise détourna vivement la tête, la main plaquée contre la bouche. Mat ne pouvait pas ne pas regarder la scène. Elle remarqua avec horreur la chose encore suintante que l’homme au teint mat tenait dans sa main. Il serra le poing. Du sang coula.
Totalement abruties par cette vision, les deux adolescentes ne se rendirent pas immédiatement compte qu’un regard pesait sur elles. C’est Elise qui comprit la première que Ethan s’était tourné vers elles et les observait en silence. Elle donna un coup de coude à Mat, qui réagit enfin. Celle-ci étouffa une exclamation de surprise, puis regarda Elise angoissée.
Puis Ethan s’avança vers les deux filles, se préparant déjà à frapper.
« Tu crois qu’on doit paniquer là ? demanda Mat, déjà paniquée par ailleurs.
- Tu veux vraiment savoir ? A mon avis… oui ! Cours !! »
Les deux filles pivotèrent exactement en même temps et se mirent à courir.

Ethan n’avait pas songé un seul instant qu’il aurait pu être vu. Maintenant, il n’avait pas le choix. Même si ces jeunes filles n’avaient rien fait, même si la détermination dont l’une d’elle avait déjà fait part lui avait plu, il se devait de les réduire au silence. Et il y avait un «je ne sais quoi » en lui qui lui ordonnait d’accomplir cet acte. Comme un lointain souvenir d’une mission tout aussi lointaine.
Le jeune homme, du fait de sa taille, rattrapa l’une des filles très vite…

Mat sentit une main se poser sur son épaule et crut s’évanouir de peur. L’homme ne lui en laissa pas le temps, et puis elle n’était pas aussi faible que ça. Il lui fit faire volte face, puis il la plaqua violemment contre le mur. La tête de Mat heurta les briques, ce qui l’assomma à moitié. Sous l’impact, sa respiration s’arrêta net durant quelques secondes, avant de reprendre, saccadée. La seconde main de son agresseur vint enserrer sa gorge, tandis que la première la maintenait toujours contre le mur.
Dans cette situation, Mat aurait du hurler, appeler à l’aide… Mais en voyant l’expression de Ethan, elle sut que cela ne servirait à rien. Alors quoi… Se laisser faire ? Mourir sans se battre ? Hors de question !
Elle tenta de glisser sa main entre celle de Ethan et sa gorge.
« Ne te débats pas, cela ne te fera que plus souffrir. »
Lui dit l’homme prévenant. Mat le fusilla du regard, des larmes de douleur perlant au coin de ses yeux.
« Parce… que je… souffre… pas la… peut être ?! »
Réussit elle à articuler au prix du plus grand effort. Ethan haussa un sourcil, étonné par tant de résistance.
Elise, à quelques mètres d’eux, se baissa pour ramasser une sorte de barre de métal. Elle revint vers Mat et Ethan en brandissant son arme.
« Lâchez là ! Croyez moi que je vous laisserais pas la tuer sous mes yeux !! »
Elle se sentait un peu ridicule, mais elle ne cilla pas.
Le regard de Ethan passa de l’une à l’autre. Il ne pensait pas rencontrer de résistance, ni même d’acte de bravoure, pensant qu’Elise allait tout simplement fuir sans se retourner. Il finit par desserrer son emprise. Mat respira un grand coup, puis se dégagea complètement avant d’aller rejoindre son amie, en position de combat.
Mais à leur grande surprise (enfin, surtout à leur grand soulagement), Ethan se contenta de les observer en silence. Puis il se détourna et commença à s’éloigner. Elise abaissa légèrement son bras fatigué, Mat soupira. Mais il s’arrêta. Les deux ados crurent bien que cette fois ci, c’était la fin. Il tourna légèrement la tête vers elles.
« Je n’en resterais pas là, ne vous y trompez pas. »
Une aura meurtrière émanait de son être, enveloppant littéralement ses futures victimes. Saisi de tremblements incontrôlés et inexplicables, Elise lâcha la barre de fer. Mat lui prit la main et la serra.
« Et la prochaine fois, je ne m’arrêterais pas. »

Dans un bus, le lendemain : « Un appel anonyme a permis à la police de découvrir le corps de Stephen Milor, jeune quimpérois de 27 ans. Le décès est survenu à la suite de l’arrachage du cœur de la victime. Après une perquisition à son domicile, la police a retrouvé un stock important de drogue… »
La vieille dame posa son journal sur son cabas en grognant.
« Cet empoisonneur n’a fait que recevoir la juste punition de ses crimes. Ca ne mérite pas de vivre, des gens comme ça. Déchet de la société ! »
Elle leva la tête et regarda son voisin pour chercher son accord.
« Ne trouvez vous pas, monsieur ?
- Croyez moi, c’est bien pour ça qu’il a été tué. »
Répondit Ethan, le regard perdu dans le vide, la tête tournée vers la vitre. Deux adolescentes qui riaient dehors retint son attention. Il songea à ces deux filles de la veille.
* Et maintenant ? *


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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 21 Avr - 19:24

Chapitre six : la fin d’un cauchemar ?


Retour au présent, retour à l’horreur. Dans l’esprit de Mat, une seule question tourbillonnait, l’obsédait depuis qu’elle resongeait à cette après midi de cauchemar. Une question évidente, mais dont la réponse pouvait déclancher une catastrophe.
« Elise… Elle n’est pas venue aujourd’hui, alors qu’elle m’avait dit qu’elle viendrait… Que… »
Camille, Sylvie, Léna, Maurin et Julien étaient pris entre deux feux. Jade était toujours en bas de l’escalier et Alexander en haut. Tous attendaient une réponse de Ethan, qui ne vint pas. Mat se raidit. Elle lutta contre les larmes qui menaçaient de l’envahir, les dents serrées. Puis la tristesse et le désespoir laissèrent place à la colère. Des techniques de Ju Ji Tsu lui revinrent en mémoire. Elle réussit à saisir la main de Ethan et, d’une brusque rotation du poignet, fit ployer celui de l’homme. Il dut la lâcher. Mat en profita pour placer son pied sur le genou de Ethan et d’une poussé, le déséquilibra.
Jade s’écarta juste à temps. Ethan tomba dans l’escalier et s’écrasa contre la porte.
*Chacun son tour ! * Songea la jeune fille avec satisfaction.

Sylvie leva la tête vers Alexander, mais celui-ci avait profité de la confusion qui avait suivi le geste de Mat pour s’éclipser. Néanmoins il n’était pas parti sans laisser une trace de son passage. Vu sa stature, lorsqu’il se tenait en haut des marches, ce qu’il avait laissé était resté invisible aux yeux des Aquarionautes. Peut être aurait il mieux valu que cela le reste. Debout contre le mur, il y avait une femme aux cheveux bruns mi longs, la tête baissée, les bras pendant le long de son corps inerte. Sylvie reconnut coupine ! (Professeur de Mat) Elle était morte, et ce qui la maintenait contre ce mur, c’était une longue tige de fer, en travers de son corps et du mur.
Maureen ne tint plus en place. Il fallait qu’elle sorte, et sur le champ ! Elle saisit la chaise qu’avait laissé tomber Julien et voulut la balancer contre la porte vitrée. Une ombre se profila derrière cette vitre. Maurin lâcha la chaise à son tour.

Jade avait rejoint les autres et regardait Alexander, énervée et sur le point de craquer nerveusement. Elle commençait vraiment à se fatiguer de ce jeu. La voix du tueur retentit, étouffé.
« Dix minutes »
Et il sourit. Jade lui répondit d’un regard noir. Une main vint saisir la sienne et la tira doucement en arrière.

Camille ouvrit la marche. Elle mena les autres au second étage, où ils s’assirent dans le couloir même, sauf Mat qui surveillait l’escalier.
« Bon… On fait quoi ? »
Sylvie lâcha la main de Jade. Léna soupira. Julien tourna la tête vers l’ascenseur, au bout du couloir. Mat suivit son regard. Un rire nerveux s’échappa de ses lèvres.
« Bien sûr, l’ascenseur. »
Maurin se leva brusquement, une lueur d’espoir au fond de ses yeux.
« Mais oui, il amène dehors ! Dans cette pièce qui n’est pas rattaché au bâtiment ! »
Julien secoua la tête.
« Trop simple. Si ce malade…
- On a encore plusieurs minutes devant nous ! Il n’a pas le droit de nous attaquer, selon ses propres règles ! »
Et l’espoir revint dans le cœur de chacun. Seule Mat ne partageait pas ce sentiment qui les animait.
« Vous oubliez bien vite l’autre dingue en bas. Et ces types… Vous croyez vraiment qu’ils ont une morale ? Vous croyez qu’ils vont nous laisser nous barrer comme ça, après… Après tout ça ?!? »
Jade la regarda tristement.
« Mais on n’a pas le choix. Si on reste là, on va mourir quand même, alors…. »
Mat fut frappée par la justesse de sa réflexion. Elle finit par s’avouer vaincu. Après tout, qu’avaient ils à perdre désormais ?

L’ascenseur ne pouvait pas tous les accueillir. Ils étaient sept pour cinq places maximum. Julien, Jade, Léna, Camille et Sylvie prirent place dans la cabine. La porte se referma sur les visages anxieux de Mat et Maurin.
La porte s’ouvrit au rez de chaussée, dans une petite pièce vide. La cour était également déserte. Ils étaient sauvés.

Maureen appuya sur le bouton de rappel de l’ascenseur. Elle posa sa tête contre le mur face à elle.
« Mat, à ton avis, c’est vrai ? Que Elise… »
L’interpellée resta silencieuse, ses cheveux devant les yeux, ce qui lui permettait de cacher sa tristesse. Maureen esquissa un sourire mélancolique, mais elle avait plus envie de pleurer que de rire.
« C’est injuste ! Qu’est ce qu’on a fait pour mériter ça ! »

« Qu’est ce qu’on a fait pour mériter ça ! »
Ethan s’arrêta dans l’escalier. Cette exclamation reflétait à la fois l’angoisse et la colère de Maureen, sa tristesse et sa haine. Il fut frappé par l’intonation de sa voix qui trahissait des sentiments aussi forts. Il n’avança pas plus, bien que seulement à quelques marches des deux filles, et s’adossa contre le mur. Il préférait attendre encore un peu…

Mat n’avait rien à répondre à cela. Elle s’approcha de Maureen quand l’ascenseur arriva enfin. La porte s’ouvrit. Les deux reculèrent d’un pas. Sur leur peau pâle, un reflet rouge passa, puis une ombre vint tout obscurcir. Après un instant de silence, lourd de sens, Mat hurla, un cri entre rage et peine. Il y eu un bruit mat, et à nouveau ce reflet vermeil vint danser sur leur visage défait. Les portes de l’ascenseur se refermèrent à moitié, puis se rouvrirent lorsqu’elles heurtèrent une masse plutôt volumineuse. Mat prit sa tête à deux mains, les yeux agrandis par l’horreur ; Maureen avait ouvert la bouche, mais aucun son n’en sortait.
La même scène que la semaine précédente ; les mêmes inscriptions en lettres de sang ; Ce sang qui coulait aux pieds de Maureen et son amie… le corps d’un garçon sur le sol, et peut être la preuve d’autres cadavres en bas.
« C’est pas vrai… C’est un cauchemar… Julien… Sylvie… Camille… »
Mat tomba à genoux, terrassée par la douleur. Son esprit sombra dans de profondes abîmes, elle perdit conscience de ce qui se passait autour d’elle. Sa vue se brouilla, la cabine d’ascenseur s’estompa peu à peu pour laisser place aux ténèbres apaisantes. Une voix douce, rassurante, s’éleva alors.
« Et si c’était vraiment un cauchemar ? »
Elle releva la tête. Toujours, ces ombres rouges jouaient autour d’elle.
« C’est vrai, tout ceci n’est qu’un rêve, ou plutôt un cauchemar que l’on nomme vie. Et si c’était vraiment ça la vie, après tout ? Un très, très long rêve, dont la mort n’en serait que le réveil ? »
Mat secoua la tête, des larmes coulant le long de ses joues creusées. La voix reprit.
« Laisse toi aller. Tu te sentiras mieux après. Tu seras libre. Laisse ces Ténèbres t’envelopper, avant de retrouver ta Lumière. Oublie la peur, la souffrance et la solitude que tu as du ressentir durant tout ce temps, durant ces 16 années. Oublie le chagrin et le désespoir qui te gagne. C’est un jeu, le Jeu de l’Ange, et il est perdu d’avance. »
Une larme s’écrasa sur le poing serré de la jeune fille. Deux portes apparurent devant elle, l’une rouge et l’autre lumineuse. Eblouie, Mat se releva et s’approcha lentement. Par delà la lumière, elle distinguait des silhouettes. Des éclats de rire glissèrent jusqu’à ses oreilles, son divin qu’elle n’avait pas entendu depuis une éternité. Une des personnes se tourna vers elle et sourit en l’apercevant. Puis elle leva le bras et lui fit un grand signe de la main.
« Vois, ton rêve sur le point de se réaliser. Ce monde que tu attends, ton monde. Là ou tes amis ont patienté chaque jour jusqu’à aujourd’hui, ou tu les rejoins enfin. »
Matt voyait tout ça sans y croire. Un sourire vint éclairer son visage, ranimer la flamme éteinte au fond de ses yeux bleus. Elle avança encore d’un pas vers la Lumière.
« MATHILDE !!! »
Elle s’arrêta, interdite. Le hurlement venait de la porte rouge.
« E… Elise ?? »
La porte s’ouvrit. Elle se vit, allongée sur le sol du couloir, les yeux clos et le visage aussi blanc que le linceul de la mort. A ses côtés, lui tenant la main, un homme aux cheveux bleus. Et debout devant elle, Maureen, Jade, Camille et Elise. Mat approcha son visage de l’embrasure de la porte.
« Attention ! L’avertit la voix. Si tu franchis cette ligne, tu rentreras à nouveau dans ce monde !
- Ce monde… N’est il pas mon monde ?
- Tu connais la réponse aussi bien que moi. Ta vie n’a de sens qu’auprès des gens qui t’attendent et qui t’aiment. »
Mat tourna la tête vers la voix, puis vers la porte de Lumière. Ils étaient tous là, dix sept adolescents, à attendre son choix. Ses amis, depuis la nuit des temps. Ceux avec qui, à travers les âges et les mondes, elle avait partagé tant d’aventures. Oui, ses amis, de véritables amis, tous liés par ce lien indestructible.
« Les épreuves ont été nombreuses et le seront encore. Mais c’est ton vœu depuis si longtemps. »
Mat ferma les yeux et recula.
« Pardon… »
Murmura t elle. Une jeune fille rousse l’appela doucement.
« Mathilde ? »
Mat secoua la tête, essuyant rageusement de nouvelles larmes apparues au coin de ses yeux. Puis elle les regarda tristement, une dernière fois.
« Ma place est auprès d’eux, tant qu’il me restera un souffle de vie là bas. Ils sont mes amis. Vous devez me comprendre… Alors… Est-ce que vous pourrez patienter encore un peu ? »
Tous se regardèrent, un sourire aux lèvres. Un jeune homme aux cheveux noirs mal coiffés, des lunettes posés sur son front, leva son pouce droit vers le ciel.
« Vas y, et fais ce que tu as à faire.
- Et reviens vite ! renchérit un garçon avec un bob sur la tête.
- On t’attendra le temps qu’il faudra. » Conclut une fille aux cheveux mauves, le poing tendu vers Mat.
Celle-ci l’imita. Une dernière larme perla.
« Merci. »
Puis elle franchit la porte rouge. Lorsqu’elle disparut, une femme élégante sortit de l’ombre. Elle avait les cheveux noirs, tombant jusqu’au milieu de son dos, un visage aussi délicat que gracieux et des yeux de la couleur d’un rubis.
« A bientôt »
Murmura t elle. Ses mots se perdirent dans les ténèbres.

Elise s’agenouilla près de Mat et posa sa main sur son front.
« Elle est glacée ! »
Sa voix s’étrangla dans sa gorge. Les larmes lui montèrent aux yeux.
« Mat, tu vas pas nous abandonner comme ça ? Pas toi ! S’il te plait, reviens. Ouvre les yeux, bon sang ! »
Et comme pour répondre à sa demande, les paupières de son amie se soulevèrent lentement. Elise porta les mains à son visage. Elle sourit à travers ses larmes.
« Mat ! Tu es en vie ! »
Les autres poussèrent un cri de joie. Mat les regarda tour à tour, les yeux pétillants.
« Ouais… Je crois que vous allez devoir me supporter encore un moment… »
Répliqua la jeune fille d’une voix faible. Elle tenta de sourire, ce qui lui arracha une quinte de toux sévère. Sa main se porta à ses lèvres, pour essuyer le liquide qui s’en déversait.
« Du… sang ?! »
Incrédule, elle ne pouvait détacher ses yeux de ses doigts tachés. Puis la douleur la fit se plier en deux.


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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 21 Avr - 19:27

Chapitre sept : de nouveaux joueurs



Un peu avant la sortie de l’ascenseur de Jade, Sylvie, Julien, Camille et Léna.
Sylvie avait été la première à jaillir de la pièce, suivie de Camille. Cette dernière avança de quelques pas, les yeux plissés, encore mal habituée à la lumière éblouissante du soleil. Son amie inspira profondément.
« Enfin sortis de ce cauchemar ! Vive la liberté ! »
S’écria Jade qui marchait derrière Camille. Elle s’avança jusqu’à la statue qui décorait la cour, sorte de truc vert gris de très mauvais goût. Elle s’appuya contre cette chose et leva les yeux vers le ciel bleu, un sourire aux lèvres.
Léna était sortie à son tour. Elle vérifia qu’ils étaient bien seuls et soupira, soulagée. Julien attendait derrière elle qu’elle s’écarte de l’embrasure.
« Tu peux t’écarter s’il te plait ? Finit par demander le jeune homme impatient de retrouver l’air frais.
- A oui pardon ! »
Léna se décala et se tint droit comme un i à côté de la porte, comme si elle saluait un général quelconque, elle petite soldate. Elle fronça les sourcils en voyant que Julien ne bougeait pas et agita sa main devant ses yeux. L’adolescent était tétanisé.
« Eh oh, ça va pas ? C’est ta blessure qui te fait mal ? »
Demanda t elle inquiète en remarquant qu’il avait posé sa main sur sa poitrine. Mais son regard était fixé sur quelque chose, derrière Léna.
Un bras passa par-dessus la tête de cette dernière, frôlant ses cheveux noirs. La pointe d’un sabre vint se coller contre la gorge de Julien.
« Recule. »
L’ordre claqua comme un coup de revolver. Les yeux de Léna s’embuèrent de larmes de désespoir.
Julien recula à l’intérieur de la pièce, suivi de Léna obligée d’avancer. Toujours, le piquant de l’arme harcela le jeune homme.
Alexander saisit Léna par l’épaule sans prévenir et la projeta contre le mur de droite avec violence. Désormais, plus rien ne le séparait de son premier « Ange ». Sur ses lèvres s’esquissa un sourire, représentation du sadisme et de la cruauté qui demeuraient en l’homme. Ils entrèrent dans l’ascenseur que Julien venait à peine de quitter.
Camille, Sylvie et Jade avaient suivi la scène sans oser y croire. Alors qu’elles croyaient le cauchemar fini, allait il recommencer ? Sylvie sentit ses jambes se dérober sous elle, et elle tomba à genoux, les bras ballants le long de son corps. Jade resta appuyée contre la sculpture, comme si elle faisait désormais parti de l’œuvre irréel. Camille tremblait comme une feuille, mais elle ne pouvait plus faire un seul geste.
Les portes de l’ascenseur se refermèrent alors.

Après que l’engin soit arrivé au deuxième étage, et que Maureen et Mat aient découvert le carnage, deux évènements se produisirent au même moment et embrouillèrent dangereusement la situation.
D’un côté, Alexander qui sortit de la cabine et qui se jeta sur Maureen. De l’autre, Ethan qui se décidait enfin et, arrivé devant Mat, s’agenouilla et la saisit de sa main droite par le menton.
Maureen, mue par un instinct de survie auquel elle ne croyait pas auparavant, réussit à esquiver le géant blond. Elle détala ensuite par le couloir, talonnée par l’autre fou.
Ethan plongea son regard dans celui de Mat. Elle était en état de choc, et ne semblait plus en état de percevoir la moindre chose. Il l’observa avec tristesse et compassion.

« Non ! »
Jade réagit enfin. Son cri tira Sylvie et Camille de leur torpeur. Les trois filles se précipitèrent dans la pièce pour y trouver Léna, inconsciente. Un bruit de verre brisé attira leur attention.

Maureen courait sans savoir ou aller pour échapper une fois pour toutes à ce dingue. Elle voulait aussi retourner auprès de Mat, mais ça n’allait pas être possible apparemment. Il ne lui restait qu’à espérer que celle-ci se débrouille seule.
Enfin elle arriva au fond du couloir et s’engouffra dans l’escalier. Elle descendit jusqu’au premier étage et passa la porte donnant accès à ce nouveau couloir.
« Psst ! »
La jeune fille tourna la tête et retint un cri.

Ethan lâcha Mat. Il se releva et la regarda de haut. L’expression de son visage se durcit.
« Il est temps d’en finir. »
Son regard fut accroché par un reflet sur sa gauche. Il s’agissait d’un sabre dont la lame, déjà souillée de sang, était plantée dans le dos de la victime d’Alexander. La main de l’homme se posa sur la garde de l’arme et la retira lentement du corps. Il saisit ensuite Mat par le bras, la força à se relever. Elle n’eut absolument aucune réaction.
Sans un mot, Ethan plongea le sabre dans la poitrine de Mat. Son corps fut agité par quelques spasmes, puis elle se calma. Il enfonça un peu plus la lame. La jeune fille semblait sur le point de crier, mais aucun son ne sortait de ses lèvres entre ouvertes. Elle releva brusquement la tête tandis que le fer mordait sa chair, toujours plus profondément. Son dos sembla se déchirer sous la douleur, et c’est finalement ce qui arriva lorsque le sabre la transperça. Elle hurla. Son corps finit par ne plus tolérer le mal alors elle s’évanouit. Elle s’affaissa au sol comme une poupée de chiffon. La partie de l’arme qui ressortait dans son dos fit le chemin inverse lorsqu’elle s’allongea, aggravant la blessure de la jeune fille.

A l’instant même où le sabre transperçait Mat de part en part, Alexander passait la porte du premier étage. Le hurlement le fit s’arrêter net.
« Maintenant ! »
Il n’eut pas le temps de se retourner, son bras fut fracassé par une barre de métal. Un craquement retentit.

Jade et Camille trouvèrent la porte vitrée explosée, celle qu’eux-mêmes n’avaient pas pu détruire (chapitre 6)
« Cool… on a une sortie maintenant ! »
Ne put s’empêche de dire Jade, une pointe d’amertume dans la voix.
Camille entra
« Mais qu’est ce que tu fais ?? S’affola l’autre
- Je vais chercher Maureen et Mathilde tiens !
- Mais on ne sait même pas si elles sont encore en vie !
- Justement, on ne sait pas. Et si elles étaient en danger ? On devrait s’enfuir et les laisser tomber ?! »
Sa voix se brisa et elle ne put continuer. Mais elle avait au moins réussi à convaincre Jade.
Un hurlement les fit sursauter.
« Oh non… »
Camille entra précipitamment, suivie de Jade.
Ethan observa Mat un long moment encore. Une flaque de sang s’étendit rapidement sous la jeune fille. Il reprit l’arme doucement et la posa à ses côtés, après avoir minutieusement effacé ses empruntes sur la garde. Il s’assura que l’adolescente ne pourrait plus s’en sortir puis quitta les lieux.

Alexander regarda avec stupéfaction les quelques personnes qui lui tenaient tête. Il y avait Maureen bien sûr, Elise et deux inconnus : un jeune homme aux cheveux noirs en bataille et aux yeux noirs ; un homme un peu plus âgé aux cheveux presque mi longs et bleus, les yeux de la même couleur. L’adolescent, un peu plus grand que Maureen, était vêtu d’un jean, d’un T-shirt noir et par-dessus une veste sans manches classe. L’autre homme mesurait dans les 1m80, il portant un long manteau blanc et bleu à col noir et or, en dessous un sweat-shirt et le tout complété par un pantalon blanc et bleu.
Une fois la surprise passée, Alexander sourit. Le garçon aux cheveux noirs tenait le pied-de-biche qui lui avait cassé le bras, c’est à lui qu’il s’adressa en premier.
« Joli coup… Propre et net, qui m’a brisé l’os cubitus de mon bras droit. Vous aviez remarqué que j’étais droitier ?
- Oh non, bien que la majorité de la population le soit et donc que je m’en doutais, mais j’avais dans l’idée de m’occuper de l’autre bras. Allez, deux pour le prix de un, c’est une promo à ne pas manquer, ironisa le jeune homme en levant à nouveau la chaise
- Merci, mais je me méfie des promotions, elles cachent toujours quelque chose… Qui êtes vous ? »
L’homme aux cheveux bleus fronça les sourcils, mais garda le silence, laissant le soin à son jeune ami de les présenter.
« Je me nomme Sasha. En russe, il faut savoir que mon prénom équivaut au diminutif du votre… Si vous vous appelez bien Alexander. Coïncidence amusante n’est ce pas ? Et lui, c’est Alec. Lui en voulez pas de ne pas vous le dire directement, mais c’est vrai que vous n’en valez pas la peine non plus. J’ai juste le malheur d’être trop gentil. »
Maureen et Elise n’en menaient pas large. Elles suivaient l’échange d’un air inquiet, mais surtout elles espéraient qu’elles allaient pouvoir remonter très vite pour retrouver Mat. Alec devina leur impatience et fit un signe à Sasha, qui acquiesça. Il soupira, l’air ennuyé.
« Vous savez ce que je me dis, Mr le tueur ? C’est qu’on va devoir rester discuter tous les deux et que j’en ai pas spécialement envie. Alors que diriez vous de partir ? »
Alexander le regarda sans comprendre. En même temps, Alec s’était avancé, pour faire barrage entre le tueur et les deux jeunes filles qui purent passer derrière lui et remonter sans être inquiétées. Après un dernier regard à Alexander, l’homme aux cheveux bleus les suivit.
Le géant blond ne fit pas un geste, pas plus que Sasha. Le garçon laissa tomber son arme de fortune.
« D’accord… Je commence à comprendre. Vous servez de bouclier aux autres pour qu’ils puissent aider votre jeune amie. C’est téméraire de votre part, dit tranquillement Alexander, sa main gauche posée sur son bras douloureux.
- Merci, répliqua simplement Sasha.
- Mais je ne peux parvenir à rien dans mon état. Je dois donc me retirer du jeu pour quelques tours. »
Sasha se raidit imperceptiblement. Son visage se referma, sa voix se fit plus dure
« La vie d’autrui n’est pas un jeu, comme vous pensez le croire. Si je vous revois vous approcher de Mat, ou de qui que ce soit, croyez moi que vous finiriez par le payer. »
Alexander, qui avait commencé à s’éloigner, s’arrêta et sourit.
« Live and see, my dear. »

Sylvie ne savait plus quoi faire pour ranimer Léna. Malgré ce qu’on avait pu lui apprendre, à savoir qu’il ne faut jamais bouger un blessé, elle l’avait traîné dehors et allongée dans l’herbe, puis elle s’était assise à ses côtés. Depuis son imagination la torturait. Qu’est ce qu’il pouvait bien se passer à l’intérieur ? Que faisaient Jade et Camille ? Julien était il mort ? Et surtout, pourquoi ne pouvait elle pas se lever et tenter de les secourir ? Sans doute parce que ses jambes ne la portaient plus. Elle leva les yeux vers le ciel bleu.

Mat revint à elle, étendue dans une mare de sang, le sien mêlé à celui de Julien. Ses amis étaient présents à ses côtés, Camille et Jade venaient juste d’arriver.
Alec posa un genou à terre et saisit le poignet de la blessée. Il se redressa, soucieux.
« Son pouls est faible. Il faut qu’elle voit un médecin sur le champ
- Ah oui pas con ! J’espère que vous en avez un de poche sur vous ! » S’énerva Camille au bord de la crise de nerfs. Elle se forçait à ne pas regarder le corps de Julien, à moitié sorti de l’ascenseur. Les portes se rabattaient d’ailleurs à intervalles réguliers, mais toujours bloquées se rouvraient, achevant le peu de sang froid qu’il leur restait à tous.
Alec porta son attention vers la jeune fille et lui sourit tristement, les yeux brillants
« Croyez vous que cela me réjouisse de la voir dans cet état ? »
Camille se calma sur le champ. Il n’était responsable de rien, il ne cherchait qu’à les aider. Et apparemment, il connaissait bien Mat. Ca le rendait aussi malade qu’elle de la voir dans cet état.
Mat n’avait pas quitté Alec des yeux, l’air heureuse.
« Alors tu as pu venir… »
Le jeune homme s’agenouilla à nouveau près d’elle et lui prit la main.
« Ne parle pas. Il faut que tu gardes tes forces »
Mat ferma les yeux. Son visage se crispa, elle avait de plus en plus de mal à respirer. Alec releva légèrement la tête.
« J’aurais besoin d’un linge humide. Si quelqu’un pouvait…
- Moi m’sieur j’ai ! »
Alec saisit au vol le bout de tissu trempé que lui avait lancé Sasha. Ce dernier salua tout le monde d’un signe de la tête.
« J’ai appelé le Samu, ils seront là dans cinq minutes. Par contre j’ai eu plus de mal à expliquer la situation aux policiers, mais ils arrivent aussi. Tout ça pour toi Mat ! »
Mat rouvrit les yeux et sourit à Sasha, tandis que Alec nettoyait sa blessure.

L’ambulance arriva effectivement dans les minutes suivantes, sirènes hurlantes, suivi par un camion des forces de l’ordre. Mat et Léna furent envoyées à l’hôpital en premières, suivies des autres filles. Sasha et Alec avaient disparu aussi soudainement qu’ils étaient apparus.
Sur les lieux du drame, on retrouva dans une salle fermée du rez-de-chaussée les corps empilés de tous ceux qui avaient osé venir travailler ce jour là.


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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 21 Avr - 19:28

Chapitre huit : carte hôpital


Mat rouvrit difficilement les yeux. Des lumières défilaient à toute vitesse au dessus d’elle. Un bruit continu parvint à ses oreilles, le frottement des roues en caoutchouc sur du carrelage. Sa main droite pendait dans le vide, et son autre bras était appuyé contre une surface lisse et froide. Elle tenta de se redresser, mais l’effort encore trop important pour elle lui fit cracher un peu de sang. Une ombre se profila devant son visage, la soustrayant à la lumière trop violente des néons. Sa vue se brouilla, elle laissa retomber sa tête sur le sol et se rendit compte que celui-ci était anormalement mou.
« Vous m’entendez mademoiselle ? »
Le son déformé de la voix d’une femme. Mat grimaça pour toute réponse. Ses paupières s’alourdirent.
« Rythme cardiaque… Préparez… Vite ! A trois… deux, trois. »
Une secousse. Puis tout redevint calme.
« On la perd… Coma… Transf… »
Mat n’entendait plus rien, juste le silence qui envahissait à nouveau son esprit. Et encore une fois, elle glissa dans le monde de son inconscience.

Camille regardait Maureen dans la pièce d’à côté, interrogée par deux policiers. Elles se trouvaient aussi à l’hôpital, dans une sorte de salle d’attente, avec Jade, Sylvie et Elise. Toutes étaient nerveuses, et ne pas recevoir de nouvelles des blessées commençait à les inquiéter gravement.
« C’est long, finit par se plaindre Jade. Et quand on sera pour Mat ?! Ca fait déjà trois heures ! »
Elise était debout près de la fenêtre, concentrée sur le mouvement des branches des arbres ballottés par le vent. Sylvie s’était endormie sur son fauteuil, épuisée. A ses côtés, Jade qui se rongeait les ongles. Leurs parents n’avaient pas été autorisés avec elles tant qu’elles ne seraient pas passées devant un infirmier psy.
Maureen revint et s’assit, à bout de force.
« Ils m’ont dit pour Léna… »
Annonça t’elle lentement. Les autres se redressèrent, anxieuses. Leur amie ferma les yeux et passa sa main dans ses cheveux.
« Elle est dans le coma. Son état est stable ! S’empressa t elle d’ajouter pour rassurer tout le monde. Mais ils ne savent pas quand elle va se réveiller. »
Jade s’enfonça dans son siège, abattue. C’en était trop cette fois ci. Et à la pensée que Mat était peut être là, à quelques mètres d’elle, agonisant sur une table d’opération…
« Au fait ! S'écria Camille tout à coup, faisant sursauter tout le monde. Qui étaient ces deux garçons ?! »
Elle fixa Elise, qui haussa les épaules
« Sasha et Alec ? Je ne sais pas.
- Comment ça ?? Mais ils ne sont pas venus avec toi ?
- Si, mais je les ai vu pour la première fois dans la cour. Je me suis réveillée en retard ce matin, alors je suis arrivée à peu près à l’heure ou tu m’as vu, Maureen »
Celle-ci hocha la tête, se souvenant parfaitement de ce moment. Elle frissonna en songeant que si Elise s’était réveillée à temps, elle se serait trouvée piégée elle aussi.
Camille fit quelques pas dans la pièce.
« Alors qui sont ils ?
- Des amis de Mat je pense, tout simplement, avança Jade hésitante.
- Ceux qui m’ont sauvé la vie également, rajouta Maureen
- Qui nous ont sauvé la vie.» Corrigea Camille.
Le silence retomba, à peine troublé par les bruits du couloir. Dans la pièce d’à côté, les deux inspecteurs relisaient leurs feuilles, choisissant sûrement laquelle des filles ils allaient interroger à présent.
« Vous vous rendez compte, murmura Jade au bout d’un moment. C’est fini maintenant. On est en sécurité à l’hôpital, bientôt on va pouvoir rentrer chez nous et reprendre le cours de notre vie. Mais il n’y aura plus Julien, plus Léna et peut être plus Mathilde… »
Elise serra les poings, tête baissée.
« Tant qu’ils n’auront pas retrouvés ceux qui nous ont fait ça, ça ne sera jamais la fin. »
Elle chassa ses larmes du revers de la main, prit une grande inspiration et se força à sourire
« Mais ce dont je suis sûre, c’est que Mat va s’en sortir. Après tout, elle m’a bien dit qu’on allait devoir la supporter encore un moment, alors on peut lui faire confiance pour ça.
- Si elle meurt, je la tue ! » S’exclama Maureen en se relevant, plus enflammée que jamais.
Et il faut croire que leurs paroles parvinrent jusqu’aux oreilles de Mat, car on leur annonça dans la soirée que l’opération avait été un franc succès.

« Ouais t’as entendu aux infos ? Le truc de ouf à Cornouaille ! Plus de trente morts !
- Le lycée dans la cité de Kermoysan ? Tu déconnes !
- Non je t’assure ! Il y a six survivantes d’un jeu morbide qu’aurait instauré le tueur.
- Six et trente morts ? Elles ont eu de la chance.
- Ouais mais bon, y en a une qu’a failli crever et une autre dans le coma quand même. »
Les deux garçons qui discutaient sur la place de la cathédrale, à 17h30 sous un soleil de plomb, furent surpris par l’obscurité qui s’abattit brusquement sur eux. L’un leva la tête et vit avec étonnement l’astre briller dans le ciel, sans nuage devant.
Une main s’abattit sur l’épaule d’un des deux garçons, qui se retournèrent comme un seul homme. Devant eux se tenait un géant au teint mat et aux cheveux blancs, une cicatrice barrant son visage. Il portait des lunettes de soleil qui empêchaient les ados de voir si il les dévisageait ou pas. Ce qui est sûr, c’est qu’il avait l’air pas très commode.
« Qu’avez-vous dit ? »
Demanda t il d’une voix grave ou pesait un soupçon de menace. Le garçon qui avait raconté l’histoire bégaya
« De… de quoi ?
- Je vous demande de répéter ce que vous venez de dire », s’impatienta l’homme
Le garçon déglutit.
« Des gens ont été tués à Norcouaille…Rocnaille… Cornouaille…
- Ca je le sais ! Les survivants ! Vous parliez des enfants qui ont réussi à échapper au massacre non ?! »
L’ado s’affola. Il plaça ses bras devant son visage et dit d’une voix suraïgue
« Six dont une blessée et une dans le coma, c’est tout ce que je sais !! »
Mais il eut beau attendre le coup, celui-ci ne vint pas. Quand il osa enfin baisser les bras, il vit la silhouette de l’homme qui s’éloignait rapidement.

La nuit tomba doucement sur l’hôpital de L, le silence s’imposa au fur et à mesure que les heures défilaient. Les couloirs étaient quasiment déserts, à l’exception du personnel de garde et du petit commando qui s’était formé à l’instar de tous : Sylvie en tête, Jade à la fin et personne au milieu. Il leur fallait savoir si Mat et Léna avaient vraiment une chance de s’en sortir, et vu que les médecins s’étaient montrés très évasifs avec elles, elles avaient décidé d’aller constater par elles même. Elles parvinrent sans encombre devant les chambres voisines de leurs camarades. Il fut décidé que Jade irait voir Mat et Sylvie la seconde blessée. A vraie dire, elle avait appris que c’était parce qu’elle avait bougé Léna alors qu’elle était inconsciente que celle-ci risquait de ne jamais se réveiller, et elle s’en voulait énormément.
Jade ouvrit doucement la porte et entra dans la pièce à pas feutrés. Elle s’arrêta au pied du lit de Mat. La jeune fille avait les yeux clos.
Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, elle n’était pas reliée à dix appareils différents, juste une perfusion et un autre engin qui vérifiait que son cœur battait toujours au même rythme. Jade fit le tour du lit, évitant de se prendre les pieds dans les fils qui traînaient. Elle s’assura que Mat respirait toujours (pas trop confiance), espéra que le fait que sa peau soit glacée n’était qu’un phénomène normal du à un choc quelconque (elle était pas médecin non plus), puis elle voulut s’asseoir sur le lit à côté. Pas de chance, elle le manqua et s’étala par terre. Le bruit de la chute, ponctuée par une épithète peu flatteuse, tira Mat hors de son sommeil. Elle se redressa, une main sur sa blessure au ventre.
« Qui est là ? »
Jade agita la main, toujours au sol. Mat baissa les yeux et se retint d’éclater de rire.
« Jade ? Mais qu’est ce que tu fais là ?!
- Je te croyais à l’article de la mort, mais soit on m’a menti soit tu récupères très vite ! »
Elle se releva, rouge de honte. Le visage de Mat s’était illuminé, et à nouveau le feu de la vie réchauffait son corps.
« Je récupère très vite sans doute alors. Non, en réalité, j’ai peut être l’air en forme, mais je ne pourrais pas bouger plus. »
Jade remarqua ses traits tirés et comprit qu’elle disait vrai : elle semblait véritablement à bout de force. Elle s’approcha et posa affectueusement sa main sur la sienne. Mat s’empêchait de trembler, elle le sentait.
« Et toi, ça va ? Et les autres ? »
Jade se mordit la lèvre inférieure, songeant à Julien et à Léna. Elle raconta tout ce qu’elle savait à Mat, les larmes coulant sur ses joues comme les mots s’échappaient de ses lèvres pour les blesser à nouveau. Ca lui faisait très mal d’en parler, de se remémorer une journée qu’elle reverrait sans cesse sans pouvoir l’oublier, à moins d’un miracle. Son amie l’écouta sans l’interrompre. Son sourire s’était évanoui, sa main droite serrait les draps du lit à tel point que ses jointures en étaient devenues blanches.
Puis Jade se tut. Mat ferma les yeux et secoua la tête.
« C’est pas possible. Ca n’a pas pu vraiment se passer. Des histoires comme ça… Ca n’existe que dans les livres. »
Elle se rallongea et plia son bras sur sa tête, masquant le haut de son visage.
« Et maintenant, il va se passer quoi ? Ils ont rattrapé les deux types ? Où ceux-ci nous retrouveront avant ? »
Une larme brilla sur sa joue, suivie d’une autre, et encore une autre… Jade ouvrit la bouche comme pour répondre quelque chose, mais rien ne lui vint à l’esprit. Elles restèrent un long moment côte à côte, sans dire un mot. Puis le bras de Mat glissa et revint se placer à ses côtés. Elle tourna la tête et observa Jade tristement.
« Ce que je voudrais savoir… La seule chose que je voudrais savoir en fait…
- Pourquoi nous ? » Avança Jade
La jeune fille fit signe que non.
« De quel droit se proclament ils maîtres de notre vie… et de notre mort ? »
La question surprit Jade, qui ne s’attendait pas à ça. Mais que pouvait elle répondre en toute sincérité ?
Il est à craindre que Mat n’eut jamais de réponse, même après sa mort. Et après réflexion, on en vient même à se demander s’il n’y en a jamais eu. Quelques fois, des évènements surviennent sans raison logique. Comme celui qui suivit.

Cela commença par un bruit sourd venant de la pièce d’à côté. Jade se releva brusquement et s’attendit à voir la porte s’ouvrir tout à coup sur Sylvie qui serait venu la chercher, mais il n’en fut rien. Comme il ne se passait rien, elle décida d’aller chercher elle-même son amie. Elle repartit vers la porte après un dernier sourire d’encouragement à Mat.
« Je reviens demain, promis »
Elle posa la main sur la poignée et ouvrit la porte, qu’elle referma aussitôt, aussi pâle qu’un fantôme.
« Ou peut être que je vais rester finalement »
Mat la regarda, perdue. La porte se rouvrit et c’est là qu’elle le vit…
« Mon Dieu… »
Souffla t elle, désespérée.


Dernière édition par le Ven 21 Avr - 19:59, édité 1 fois
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Alexiel
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 21 Avr - 19:30

Chapitre neuf : tout a une fin


On était le 6 mars 2016. La journée était exceptionnellement belle, malgré la fraîcheur de l’air. Dans le petit cimetière de *, quelques personnes avaient tenu à rendre visite à leurs défunts : refleurir la tombe d’un conjoint, saluer un cousin, prier pour un père…
« Aujourd’hui est un jour spécial » Murmura une jeune femme rousse aux yeux verts. Les deux jeunes femmes blondes qui l’accompagnaient acquiescèrent en silence. Toutes les trois avaient dans la main une rose rouge qu’elles déposèrent au pied d’une tombe blanche. La plus petite des trois sortit des gâteaux d’un panier et les distribua. Puis elles chantèrent un joyeux anniversaire avant de s’asseoir sur une nappe et d’entamer les friandises.
La rousse jeta un coup d’œil à sa montre.
« J’en connais deux qui sont en retard
- Ils doivent venir de loin, alors ils sont excusables », rappela la seconde femme blonde pour défendre les absents
Puis elles parlèrent de choses et d’autres, comme de leurs petits amis respectifs, le boulot, les collègues casse pieds, les mariages en vue, les gens perdus de vue. Puis la conversation finit par s’orienter sur le passé.

Dix ans auparavant : L’inquiétude avait atteint son paroxysme à l’hôpital L. Trois patientes arrivées quelques heures plus tôt avaient disparu. Les deux soucis majeurs étaient que deux d’entre elles étaient blessées, et que celui qui avait causé ces blessures courait toujours. On trouva dans l’une des chambres une quatrième patiente inconsciente. Lorsqu’elle revint à elle, il s’avéra qu’elle ne gardait aucun souvenir des évènements survenus les dernières 24heures.
« Le choc, lié au traumatisme de tout ce qu’elle a vécu, a fait que sa mémoire a occulté les souvenirs de cette journée, expliqua un médecin aux autorités chargées de l’enquête. Elle ne pourra pas vous aider, ni demain ni dans 10 ans. »
Une semaine plus tard, jour pour jour, les policiers retrouvaient les corps mutilés des deux disparues de la première chambre.
On parla beaucoup de cette affaire dans un premier temps, puis elle finit par s’estomper pour presque tomber dans l’oubli, sauf lors de soirées ou elle était souvent évoquée. Au bout de quatre mois, on déclara qu’il n’y avait aucune chance de retrouver la troisième fille en vie. Pour tous c’était la fin d’une histoire dramatique.

Mais il n’en était rien. Le 6 mars 2012, un homme se présenta dans un commissariat, se prétendant l’auteur de près d’une centaine de meurtre d’une barbarie insoutenable, dont l’achèvement, le couronnement suprême, était un jeu entre un démon et des « anges ». Il était grand, presque un géant, les cheveux blond cendré, les yeux verts cerclés de lunettes rondes et une cicatrice barrant sa joue gauche.
Le procès débuta le 4 Juin 2014. Pour quatre amis, c’était une journée spéciale, un rendez vous pris dix ans plus tôt alors qu’ils étaient encore cinq Déjantés de Cornouaille. Mais ils ne se retrouvèrent pas comme convenu à 16h04 dans la clairière du bois de Chaptal, mais à 8h devant les marches du Palais de Justice. Gaëlle, Camille, Jérémy et Elise, 25 et 26 ans.
Dans la salle du tribunal, ils retrouvèrent Maureen et Jade. Les six partirent s’installer dans le fond de la salle, car Maureen ne tenait pas se faire voir par celui qui hantait encore souvent ses cauchemars. Jade n’avait pas ce problème, vu qu’elle ne se souvenait toujours pas de cette journée. Jérémy, Gaëlle et Elise ne l’avaient jamais vu auparavant, mais ce jour là ils ne purent détacher leur regard de celui qui aurait pu détruire leur vie, s’ils s’étaient trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. De plus, cela faisait huit longues années qu’une question restait sans réponse : qu’était il arrivé à Mat, la dernière disparue ? Alexander avait été déclaré coupable déjà du meurtre de Sylvie et Léna, alors…
Ce dernier semblait calme, à peine conscient qu’il s’agissait de son procès – alors qu’il s’était livré de lui-même aux autorités au final. Il se leva lorsque le juge le lui demanda puis se rassit. Il écouta d’un air tranquille l’annonce des charges qui pesaient contre lui. Un sourire satisfait apparaissait parfois sur ses lèvres, et il tournait alors la tête vers les six amis assis au fond.
Jérémy eut du mal à se retenir de lui sauter dessus pour lui arracher les yeux et effacer ainsi ce sourire de ses lèvres. Il le sentait, Alexander brûlait de finir ce qu’il avait commencé, et s’il s’était rendu c’était sans doute pour une raison bien précise…
Le procès dura peu de temps. L’épreuve la plus éprouvante pour Elise et Maureen fut de devoir témoigner. Elles furent rejoint par la Camille qui avait du subir la chasse organisée. A elles trois elles firent revivre le cauchemar d’un jeu sanglant à toute l’assemblée, horrifiée par tant de perversion et de mal gratuit.
Alexander prit la parole une seule et unique fois. Ces mots se gravèrent à tout jamais dans la mémoire de ceux qui avaient souffert de ses actes, directement ou indirectement. Il se leva, parcourut le tribunal du regard et fixa son attention sur les sept du fond (Camille G les ayant rejoint), comme s’il ne s’adressait qu’à eux en fin de compte.
« Cela fait dix ans que nous avons entamé une partie. Aujourd’hui encore elle reste inachevée…
Vous voudriez sans doute m’entendre dire que je regrette, que je vous présente mes excuses les larmes aux yeux en vous suppliant de me pardonner. Je suis désolé de vous décevoir sur ce point.
J’ai tué, oui c’est vrai ; avec délectation j’ai massacré vos amis, leurs hurlements m’ont empli de joie. Et si je devais regretter quelque chose aujourd’hui, c’est de vous voir encore en vie, autant ceux qui étaient là que ceux qui auraient du participer.
Mais… mais pourquoi alors n’avons-nous pas continuer notre petit jeu ? Je vois cette question sur vos lèvres… Peut être parce qu’il manque un joueur, non ? »
Ses propos firent scandale, et surtout le ton sur lequel il parla : il était heureux et fier de ses actes, il se moquait de la justice et des victimes. Le verdict tomba : Alexander fut condamné à la perpétuité.
A la sortie du tribunal, il stoppa devant Elise et lui murmura
« Je vous vois soulagée… Mais qui a dit qu’il s’agissait de la fin ? Après tout, peut être que ces deux hommes ont réussi à rattraper Ethan et à la sauver… Vous ne l’avez jamais revu alors qu’il a tout fait pour vous réduire au silence à une époque… Pensez y. »
Ses gardiens l’obligèrent à avancer. Alexander adressa un sourire moqueur à la jeune femme, puis il disparut de sa vue.

6 mars 2016 : Jérémy et Maureen avaient fini par arriver. Tous les deux semblaient surexcités.
« Vous savez ce qui est arrivé ?? »
Demanda le jeune homme, essoufflé d’avoir couru dans les allées pour parvenir plus vite jusqu’à Elise, Gaëlle et Camille. Maureen se laissa tomber sur le sol.
« Qu’est ce qu’il vous est arrivé ? Vous avez gagné un marathon ? Les taquina Camille comme à l’accoutumée.
- Alexander s’est suicidé ! »
Elise en laissa tomber son gâteau. Gaëlle réagit vivement, imitée par Camille
« QUOI ?! Quand ça ?!
- Il y a trois heures, il se serait tranché les veines, expliqua Maureen avec un peu de difficulté.
- Alors… ça y est ? C’est la fin de tout ? demanda Camille encore sous le choc. Ca veut dire que toi, Jade, Camille et Elise ne craignez plus rien ? »
Elise se leva et partit à sa voiture, demandant aux autres de l’attendre un instant. Elle alluma la radio et régla la fréquence sur la chaîne info. Mais ils ne parlèrent que d’un accident mortel, d’un trafic de drogue démantelé, pas d’un suicide en prison. Elle revint vers ses amis, debout devant la tombe vide de Mathilde.
« Je n’arrive pas à y croire. Doit on se dire que tout est fini, et abandonner tout espoir ? »
Gaëlle la prit dans ses bras, imitée par tous les autres (même Maureen ouaouh !). Puis tous finirent de manger avant de regagner leurs voitures. Avant de rentrer dans la sienne, Maureen regarda Elise et lui dit
« Tu sais… Je crois sincèrement qu’elle est encore en vie, quelque part. Elle a toujours été coriace… »
Elise acquiesça en silence, puis sourit.
« Merci Maureen. »
Elle s’installa au volant, prit une profonde inspiration pour se calmer, puis démarra la voiture. Elle suivit les autres jusqu’à un petit restaurant non loin, où ils passèrent une agréable soirée.

A plusieurs centaines de kilomètres de là, le médecin du centre pénitencier signait la déclaration de décès d’un meurtrier. Son corps fut emmené dans un camion de la morgue et il atterrit sur une table d’autopsie.
Le médecin légiste Tod examina rapidement l’état des poignets de l’homme et murmura pour lui même
« C’est du propre… il a du mourir après s’être vidé de son sang, et pas dans les meilleurs conditions. »
Quelqu’un frappa à la porte. Tod se redressa en râlant. Les coups se firent plus insistants
« Oui ça va, j’arrive ! Ce n’est pas à un mort qu’il arriverait d’être impatient !
- Vous croyez ? »
Souffla une voix dans son dos. Tod stoppa net, une goutte de sueur perlant sur son front.

« Nom de Dieu Tod ! T’entends pas quand on frappe à la porte ou quoi ? »
S’exclama le vigile sur le ton de la plaisanterie. Il connaissait le caractère tranquille du médecin, qui détestait être dérangé en plein milieu de tout et surtout par lui, mais ça l’amusait. D’habitude, les deux s’engueulaient pendant une dizaine de minutes par jeu avant de reprendre le boulot. Ca aurait du commencer par « Encore toi espèce de sale fouineur ? Tu viens encore voler les dents en or de mes patients c’est ça ? »
Mais aujourd’hui, rien.
« Tod ? Encore en train de parler à tes macchabées ? »
Aucune réponse. Bizarre. Le vigile sortit son arme et s’avança dans la pièce prudemment. Il trébucha contre quelque chose de dur au sol et baissa les yeux. Ses chaussures et le bas de son pantalon étaient couverts de sang, celui du légiste qui avait eu la gorge tranchée.
Le vigile n’eut pas le temps de réaliser ce qui venait de se produire. Une table métallique lui tomba dessus, et il fut empalé par un de ses pieds.
Alexander regarda ses deux victimes sans broncher, tout en enfilant une blouse blanche qui appartenait au médecin. Le pantalon qu’il avait trouvé était trop petit, mais peu importe. Un sourire aux lèvres, il sortit de la morgue. Une fois dehors, il déplia une lettre qu’il avait cachée lors de sa simulation de décès
‘’Le Jeu peut recommencer, tous les candidats sont prêts.
Seishiro’’
Alexander leva la tête vers le ciel étoilé
« Angel will fall first… »

FIN ?
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Mer 26 Avr - 0:02

Personne n'a lu ou quoi? :Hate^^: enfin ça me dérange pas, mais qu'on me le dise :baba: pour plus que je poste pour nada
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Dim 30 Avr - 16:56

j'avais pas encore lu je me preparais a partir j'ai pas eu le temps
t'inquietes je lis tout ce que tu postes j'adore :Hare:
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 12 Mai - 23:31

*mode repetition ON*

j'adoweeeeeeeeeeeeeeeeeee j'adeweeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee
:Lovvver: :Lovvver: :Lovvver: :Lovvver: :Lovvver:
comme toujours ton histoire est superbe j'aimerais qu'il y est encore une suite, mais vu que "le jeu recommence" sa tournera autour du pot et sa en deviendrais alssant, en fait c'est très bien comme sa et je ne regrette pas d'avoir apsser du temps à lire et relire les passage que je ne coprenais pas :Vuii: c'est du great job :Lovvver: :Lovvver: :Lovvver: :Lovvver: :Lovvver:
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 12 Mai - 23:41

Yeah merci Roro :chu!: jsuis contente que ça te plaise! Enfin, j'écris une autre histoire qui se passe en 2016, et on retrouvera en coup de vent notre cher Alexander.... :Gaya:
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Ven 12 Mai - 23:43

sa sent le amssacre, jserait la première à lire ton oeuvre :Vuii:
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MessageSujet: Re: Le jeu de l'ange   Aujourd'hui à 14:49

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