Oi en même temps c'est la seconde guerre mondiale :Memayaru:
Bon allez un peu de professionnalisme, je fais une fiche du film...
Tombeau des lucioles (le)TAKAHATA Isao
Japon 1987
Genre : Drame historique
Ecriture cinématographique : cinéma d'animation
Synopsis Dans la nuit du 21 septembre 1945, Seita, un jeune vagabond, agonise dans l’enceinte de la gare déserte de Sannomiya, près de Kôbe. Son esprit ayant rejoint celui de la petite Setsuko, sa sœur âgée de quatre ans, les fantômes des deux enfants montent à bord d’un train qui les ramène vers le passé jusqu’au jour des bombardements américains sur la ville de Kôbe… Leur maison détruite, leur mère mortellement blessée, Seita et Setsuko trouvent refuge chez des parents éloignés. Malgré le rationnement des vivres et les alertes aériennes, des moments heureux jalonnent l’existence des réfugiés : une promenade nocturne et la découverte des lucioles, une escapade en bord de mer… Mais leur tante, pour qui la charge de deux orphelins devient vite un problème, leur fait subir brimades et remontrances. Sur un mot malheureux de leur hôte, les enfants décident de partir s’installer par eux-mêmes dans un abri, au bord d’un étang.
Passé l’idylle des premiers jours de cette vie de “robinsons”, la réalité de la pénurie s’impose à nouveau. Seita ne trouve bientôt plus à s’approvisionner chez les paysans voisins. Setsuko est affaiblie par la gale. Pour la nourrir, le garçon en vient à voler la nuit dans les champs, puis dans les maisons vides à la faveur des bombardements. Mais la santé de la fillette continue de se dégrader. Bientôt, son état de faiblesse devient critique. Seita, parti en ville vider le compte bancaire de leur mère, apprend la défaite du Japon et la mort de son père militaire. Lorsqu’il revient au bord de l’étang, il est trop tard. Setsuko, épuisée, sombre dans un sommeil sans retour. Seita incinèrera son corps au sommet d’une colline. Là s’achève le voyage des deux enfants, tandis que les silhouettes rougeoyantes de leurs fantômes, elles, contemplent depuis les hauteurs les paysages urbains d'une cité d'aujourd'hui.
Autour du filmLe Japon de 1945Il est certain que la politique de conquête menée dès le tournant du XXe siècle par le Japon, seule nation de cette région du monde à avoir su échapper à l'époque au colonialisme dévorant des puissances occidentales, prend elle-même d'emblée un tour colonial. Victoire sur la Russie en 1905, annexion de la Corée en 1910, attaque des territoires chinois concédés à l'Allemagne en 1914 et récupération des concessions allemandes en Chine et dans le Pacifique en 1919, prise de la Mandchourie en 1931 et poursuite d'un processus de conquête tout au long des années suivantes, objectif fixé en 1938 de la création d'une très large "Sphère de co-prospérité de la Grande Asie orientale", telles sont les d'étapes bien connues de cette expansion à long terme.On connaît souvent tout aussi bien les grandes étapes de la Guerre du Pacifique : l'occupation de pays d'Asie du Sud-Est et du Pacifique dès 1940, l'attaque surprise sur Pearl Harbour le 7 décembre 1941, la bataille de Midway, perdue en juin 1942 et qui marque le début d'un renversement progressif de situation face aux États-Unis, la chute de Leyte (aux Philippines) en octobre 1944, et jusqu'aux bombardements atomiques d'août 1945.Deux réalités japonaises de cette période restent souvent moins largement connues : celle des bombardements “conventionnels“ à engins incendiaires, et celle, presque aussi noire, des “années zéro” de l'après-guerre.
Les bombardementsLe Japon de 1945, dès avant la reddition d'août, est littéralement un pays en ruine. De mars à mai, les bombes incendiaires américaines pleuvent les 23 plus importantes villes de l'archipel faisant quantité de victimes civiles. C'est durant les neuf derniers mois de la guerre que le Japon enregistre 60% des pertes humaines de toute la guerre, soit près de 900 000 militaires et plus de 600 000 civils.Ainsi donc, avant même le cauchemar atomique qui s'abattra en août 1945 sur Hiroshima puis Nagasaki, les civils japonais furent victimes par centaines de milliers de bombardements massifs, acharnés, tels que les décrit le film.
Nuit de l'après-guerreLa réalité du Japon à sa capitulation est celle d'un pays défait, un néant souvent difficile à imaginer pour l'observateur étranger entraîné au cœur des métropoles en ruines. On l'a souvent décrite par des formules établies, telle celle "des ruines et du marché noir". Comme chez tous les vaincus, un autre terme, plus laconique, peut résumer tout aussi bien la première préoccupation de tous dans la misère noire de l'immédiat après-guerre : “survivre”.
Nosaka AkiyukiLa nouvelle Hotaru no haka (traduite en français sous le titre de La Tombe des lucioles) est parue en octobre 1967. Avec un autre récit, elle a valu à son auteur Nosaka l’attribution, au printemps de l’année suivante, du 58e prix Naoki, récompense réservée à des auteurs confirmés dans le domaine de la littérature à grand public. Long d’une trentaine de pages, le récit, qui décrit la vie et la mort de deux enfants dans le Kôbe de la fin de la guerre, puise dans le vécu personnel de son auteur. Sans qu’il soit question d’autobiographie au sens strict, Nosaka a pu décrire ce texte comme “un miroir [le] reflétant [lui]-même”, et dont il a “longtemps détourné le regard”.
Né en 1930, Nosaka, “polémiste gouailleur et conteur profond”, fait figure au Japon de talent iconoclaste. Trublion notoire, déroutant et intempestif, imprévisible et redoutable, il est de quelques années plus jeune que les écrivains que l’on a l’habitude de réunir au Japon sous l’étiquette de sengo-ha (“l'école de l'après-guerre”). Il se plaît quant à lui à se qualifier comme tenant d’un “courant des ruines, du marché noir et de la fuite”. Orphelin de mère (elle meurt à sa naissance) et ignorant tout de son père (qu’il ne rencontrera que plus tard), il grandit et vit l'expérience de la guerre à Kôbe dans une famille adoptive. Il n’apprend ses origines qu’en 1945, à l’âge de quatorze ans, à la mort de ses parents adoptifs sous les bombes américaines. L’expérience des bombardements avait déjà réduit à néant toutes les certitudes de l’adolescent, forgées par l’éducation de propagande nationaliste et militaire : “Devant les bombes, c’est une autre réalité qu’il faut apprendre : l’instinct, la fuite-panique, une affreuse impuissance, et après les bombes, l’humiliation pour survivre, le chacun-pour-soi-la-patrie-pour-tous, le sentiment d’avoir été trahi, salement”.
Peu après, au lendemain de la défaite, sa jeune sœur meurt de faim. Après la guerre, seul des siens à en avoir réchappé, et marqué de façon indélébile par cette “conscience du survivant”, il vit ici et là, fait du marché noir, se fait épingler pour un vol de nourriture (nous sommes en 1947) et enfermer en maison de correction, d’où son vrai père, vice-gouverneur de la province de Niigata, le sort un mois plus tard. À vingt ans, il entre en section de lettres françaises à l’université de Waseda, à Tôkyô ; en réalité il vagabonde, poursuit son “parcours du combattant de la survie” par l’exercice des métiers les plus divers, avant de sombrer un temps dans l’alcoolisme...
En 1957 il devient parolier et scénariste, pour la publicité, puis à la radio et à la télévision. Le succès aidant, il est sollicité par les médias, et à partir de 1961, il écrit dans plusieurs revues à gros tirage, se faisant commentateur du Japon des plaisirs nocturnes et campant déjà son personnage de faux Playboy à lunettes noires. En 1963, il fait paraître un premier récit, Erogotoshi-tachi (les Pornographes), où il esquisse déjà un style, une écriture bien particuliers. Parmi ses œuvres les plus marquantes dans les années suivantes, citons Tomuraishi-tachi (Les Enterreurs, 1966), ou Honegami tôge Hotokezakura (La Vigne des morts sur le col des dieux décharnés, 1969).
Sur le plan de la forme, le récit de La Tombe des lucioles se caractérise par des phrases remarquablement longues, présentant de multiples tours et détours, et des changements de perspective et de focalisation les plus divers.
Source : ici_________________
